Depuis peu, le premier secrétaire du PS est devenu un personnage central du jeu politique. Jusqu’à ne plus exclure une candidature en 2027. Portrait de l'insaisissable Olivier Faure.« Enfin ! Enfin ! » Ce mardi du mois de février, au milieu du restaurant Le Marigny, près des Champs-Élysées, Éric Dupond-Moretti vient remercier Olivier Faure. La veille, le Parti socialiste a fait le choix de ne pas censurer le gouvernement Bayrou. « Soignez-le bien, pour une fois il a fait un truc super ! » lance aux convives l'ancien garde des Sceaux, qui joue désormais chaque soir sur la scène du théâtre accolé au restaurant. Les deux hommes gardent une estime réciproque.
Le 9 juin au soir, lorsque Emmanuel Macron envoyait valser les européennes en annonçant la dissolution, Olivier Faure avait loué sur un plateau télé le « républicain » ministre de la Justice. Le lendemain, l'ancien ténor du barreau l'avait appelé : « Tes mots m'ont beaucoup touché. »
Depuis peu, quelque chose a changé. Olivier Faure n'est plus seulement le premier secrétaire du Parti socialiste, il occupe une place centrale dans le jeu politique et médiatique. Auparavant, ses collaborateurs bataillaient pour que les chaînes acceptent de recevoir leur chef un peu austère au débit monocorde. Désormais, le député de Seine-et-Marne croule sous les demandes d'interviews et les audiences prouvent l'appétence nouvelle pour cet ancien conseiller de l'ombre. « Je vois que le regard des autres sur moi a changé, mais moi, je n'ai pas changé ; je continue mon chemin », se contentet-il de répondre, vapoteuse à la main, dans son bureau de l'Assemblée nationale.
Ce qui a changé pour lui, c'est aussi la nomination d'Éric Lombard à Bercy. C'est un ami, mais Olivier Faure n'aime pas trop le dire. Chaque samedi, le ministre de l'Économie fait son footing dans les jardins du Luxembourg. Un matin de septembre, il y avait croisé Roland Lescure. « Il faut que tu voies Olivier Faure, il n'est pas la caricature qu'on fait de lui », lui avait glissé l'ancien banquier entre deux foulées. Le vice-président de l'Assemblée nationale l'a pris au mot, il a vu Olivier Faure autour d'un café le 7 octobre puis il a discuté avec lui à plusieurs reprises pour œuvrer au rapprochement entre les socialistes et François Bayrou.