Barnier et Attal à la peine pour justifier l'incroyable gouffre du budget
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Les anciens premiers ministres Gabriel Attal et Michel Barnier.
Reuters
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Le mystère sur les 50 milliards dérapage du déficit entre fin 2023 et fin 2024 va-t-il enfin être percé ? Auditionnés longuement à l'Assemblée nationale ces mardi 4 et mercredi 5 février, les deux ex-Premiers ministres Gabriel Attal et Michel Barnier ont tenté de défendre leurs actions pour limiter la crise des finances publiques survenue ces deux dernières années. Et pour cause, le déficit initialement prévu à 4,4 % en loi de finances initiale (LFI) à fin 2024, devrait finalement finir à 6,1 % du produit intérieur brut (PIB).
« Je n'ai pas eu le temps de creuser toutes les raisons [de ces écarts de prévision] », a avancé Michel Barnier. « Je ne pense pas qu'il y a eu de faute grave [...] Il y a globalement un système qui a mal apprécié les recettes et les dépenses », a-t-il poursuivi. Pour l'ancien commissaire européen, « ce qui a fait plonger les finances publiques ce sont clairement les mesures de protection légitimes mises en place pendant les crises ». À quelques heures du vote de la motion de censure, ce dérapage inédit devrait limiter les marges de manœuvre de François Bayrou sur le plan budgétaire.
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Après son propos liminaire, Michel Barnier est revenu sur le vote de la motion de censure du 4 décembre dernier. « Les incertitudes pèsent sur les prévisions de croissance. Je dois constater que la censure a créé une période d'instabilité et a eu un coût », a taclé le Savoyard devant les membres de la Commission des finances. En face, le président de cette instance parlementaire dotée d'un pouvoir d'enquête, Éric Coquerel (LFI), a rejeté ces arguments, également brandis par le gouvernement de François Bayrou. Le chiffrage du coût de la censure estimée à 12 milliards d'euros par Bercy est au centre d'une vaste bataille.