Jeudi, quand il a reçu à l'Élysée Michel Barnier venu lui remettre sa démission, Emmanuel Macron l'a trouvé plutôt soulagé de partir avec dignité, alors que sa situation était devenue inextricable. Le Premier ministre, tombé la veille, a confié au chef de l'État à quel point il avait trouvé irresponsable l'attitude des socialistes durant tout son bail Rue de Varenne. Le 5 septembre, jour de sa nomination, il avait ainsi appelé François Hollande, qu'il connaissait bien, pour l'inviter à Matignon. Celui-ci ne lui avait pas répondu mais lui avait fait porter quelques jours plus tard un mot pour lui indiquer que, s'il l'aimait bien, il ne le verrait pas et voterait la censure que le Nouveau Front populaire allait déposer pour s'opposer à sa promotion.
Au cours de leur échange, Michel Barnier défend aussi auprès d'Emmanuel Macron la cause de Bruno Retailleau, estimant qu'il devait le conserver Place Beauvau. À sa sortie de l'Élysée, le chef du gouvernement a appelé le ministre de l'Intérieur pour le lui dire. Le lendemain, les deux LR ont déjeuné ensemble à Matignon. Le président a-t-il vraiment été peiné de se séparer de son cinquième Premier ministre trois mois à peine après l'avoir nommé ? Si en apparence la courtoisie a toujours été de mise au sein du couple exécutif, les choses n'ont pas été si simples entre les deux hommes.