LA TRIBUNE DIMANCHE - L'ultimatum que vous avez fixé dans le cadre de vos négociations avec Michel Barnier s'achève demain. Des avancées sont-elles encore possibles ?
MARINE LE PEN - Ce n'est pas un ultimatum. Je ne suis pas « maître des horloges » du calendrier parlementaire. Cette date de lundi correspond au jour du vote du PLFSS [projet de loi de financement de la Sécurité sociale], c'est tout. Il m'apparaît qu'au-delà de cette échéance, plus rien ne sera envisageable. Lorsqu'il a été désigné début septembre, le Premier ministre a indiqué qu'il construirait son budget en tenant compte de l'ensemble des forces politiques. Le Rassemblement national étant le premier groupe à l'Assemblée, nous nous attendions à être contactés assez rapidement pour pouvoir travailler sur ce budget. Il n'en a rien été. Nous avons présenté un contre-budget. De ce contre-budget, nous avons tiré à peine 10% des mesures pour en faire des lignes rouges, à savoir des suppressions de taxes ou d'impôts avec, en contrepartie, des recettes nouvelles, puisque nous ne voulons évidemment pas aggraver le déficit.
Le Premier ministre a fait des gestes dans votre direction, par exemple sur la taxation de l'électricité. L'ensemble des concessions représenterait 10 milliards d'euros d'après le gouvernement. Avez-vous réellement envie de trouver un compromis ?
Si nous n'avions pas eu envie de participer à l'élaboration d'un budget, j'aurais fait censurer le Premier ministre dès sa nomination. On ne peut pas nous dire que nous n'avons pas été constructifs. Et d'ailleurs, nous le restons.
Selon nos informations, Michel Barnier ne fera pas de nouvelles concessions auprès des différents groupes parlementaires. Un tel scénario ne rend-il pas la censure inéluctable ?