C'était il y a six ans jour pour jour. Le 17 novembre 2018, des dizaines d'hommes et de femmes revêtus de vestes jaune fluo bloquent le périphérique parisien avant de défiler sur les Champs-Élysées jusqu'à la place de la Concorde. En province, des centaines de manifestants ciblent les ronds-points et entravent la circulation automobile pour se faire entendre du gouvernement Philippe et du président Macron. Le mouvement des Gilets jaunes est né.
Six ans plus tard, les protestataires ont rangé leur chasuble luminescente dans la boîte à gants de leur voiture mais la colère est toujours là. Les Français se sont massivement déplacés aux élections législatives de juillet et ont envoyé 126 députés Rassemblement national contre 99 pour Ensemble pour la République, le parti du chef de l'état. Ce dernier a fini par nommer une figure de la droite gaulliste, Michel Barnier, 73 ans, à Matignon.
Le nouveau Premier ministre n'ignore rien de la fragilité de sa fonction. Aussi, dès sa déclaration de politique générale, le 1er octobre dernier, il a annoncé l'organisation d'une journée nationale de consultation citoyenne « une fois par an ou tous les deux ans ». « Un grand débat ! », l'a interrompu le député insoumis Hadrien Clouet, en référence au « grand débat national » organisé par le président Macron au premier trimestre 2019. « Ce jour-là, toutes les mairies seraient ouvertes et Internet utilisé. Les collectivités de chaque niveau - commune, intercommunalité, département, région, état - auraient la possibilité de poser une question aux citoyens et d'ouvrir un débat à ce propos », a fait valoir Michel Barnier.