Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT : « Il n’y aura pas d’accord si le patronat n’avance pas plus sur la pénibilité »
ENTRETIEN – Alors que le conclave sur les retraites doit rendre ses conclusions mardi, pour la CFDT, le compte n'y est pas encore. Si le syndicat est prêt à faire des concessions sur l'âge de départ à 64 ans et le dispositif des « carrières longues », les avancées du Medef sur la question de la pénibilité sont encore jugées insuffisantes.
Propos recueillis par Fanny Guinochet
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Le conclave sur les retraites doit rendre ses conclusions mardi.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Quel bilan tirez-vous de ce conclave ? MARYLISE LÉON — C'était la bonne méthode. Ce nouveau cadre a permis de vraies discussions de fond sur les retraites, sujet trop souvent instrumentalisé par le politique. Les retraites ne se réforment pas, elles se pilotent, car il y a des enjeux de moyens et de longs termes. Or, dès qu'il y a un rapport, ça électrise le débat.
Vous regrettez l'absence de FO, de la CGT et de l'U2P ? Ce choix leur appartient. Mais je suis convaincue que c'est là que ça se passe ! Ça vaut le coup de discuter, si on veut vraiment apporter du plus aux salariés.
Le Medef maintient l'âge de départ à 64 ans. Ce n'est plus une ligne rouge pour vous ? Nous sommes toujours contre l'âge légal de départ à 64 ans parce que c'est la mesure la plus injuste. Le Medef réaffirme sa position, comme nous réaffirmons la nôtre. Sur l'âge, l'option de ramener l'ouverture des droits à taux plein à 66 ans plutôt qu'à 67 doit être sur la table. C'est une mesure de justice sociale, qui bénéficiera notamment aux femmes dont les carrières sont souvent interrompues. Nous demandons aussi un droit opposable pour que les salariés qui veulent ouvrir leurs droits à la retraite progressive à 80 % dès 60 ans puissent le faire.
Un accord est-il possible en maintenant l'âge légal à 64 ans ? Cela fait partie des hypothèses, en fonction des avancées sur les autres sujets, au premier chef la pénibilité. La balle est dans le camp du Medef.
Nous sommes toujours contre l'âge légal de départ à 64 ans parce que c'est la mesure la plus injuste
Le Medef abandonne la retraite par capitalisation... C'est une bonne nouvelle ? Nous avons dû avoir les arguments pour montrer que ce n'est pas la solution miracle pour régler l'équilibre du régime.
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