LA TRIBUNE DIMANCHE — Après le départ de FO, de la CGT, de l'U2P, que peut-on attendre de ce conclave ?
MARYLISE LÉON — Après les perturbations et interférences du Premier ministre et d'autres responsables politiques, il y a eu une clarification des uns et des autres. Ceux qui comptent, désormais, ce sont ceux qui restent. La CFDT ne fait pas la politique de la chaise vide. Arrêtons le vaudeville et entrons dans le vif du sujet. Notre boussole reste les intérêts des travailleurs. Nous sommes là pour leur apporter des réponses concrètes.
Que répondez-vous à Patrick Martin, le président du Medef, qui veut repartir de zéro ?
Il faut se mettre d'accord sur la feuille de route, et je constate que les organisations syndicales et patronales qui restent ont envie d'avancer. À nous de prendre la main sur le système des retraites pour réorganiser son pilotage. Et bien entendu, parce que la CFDT n'est pas hors-sol, nous tenons à assurer son équilibre financier.
Mais le Premier ministre ne veut pas revenir aux 62 ans...
Il faut continuer à dialoguer, sans totem ni tabou : l'âge doit rester un sujet. Revenir sur l'âge légal de 64 ans reste un objectif pour la CFDT. Contrairement au patronat, je ne me résous pas à la résignation des salariés, comme il la qualifie. Démocratiquement, il est dangereux de dire « passons à autre chose, sans toucher à l'âge ». Tous les jours, des salariés me disent qu'ils n'arriveront pas à 64 ans en bonne santé. Ils sont en invalidité, en incapacité, au chômage. Je ne peux ignorer ces situations.
Mais où trouver l'argent, sachant qu'avec la réforme de 2023 les comptes du régime sont dans le rouge ?
Propos recueillis par Fanny Guinochet