Conclave sur les retraites : Medef et CPME n'entendent pas suivre l'U2P

Fanny Guinochet

Patrick Martin, le président du Medef.
Abdul Saboor

Fanny Guinochet

Patrick Martin, le président du Medef.
Abdul Saboor
L'U2P, l'organisation patronale qui représente les très petites entreprises, et les sociétés de proximité, a décidé, ce mardi matin, de sortir des négociations retraite. Un coup de tonnerre dans ces discussions déjà sensibles.
Selon nos informations, le Medef et la CPME, n'ont pas prévu pour l'heure de suivre le mouvement de leur homologue. Les deux organisations patronales doivent échanger de manière informelle, ce mardi, sur la stratégie à adopter.
Après FO le 27 février, c'est au tour d'un syndicat patronal de quitter la table des négociations. « Nous voulons contribuer à une prise de conscience générale, écrit l'organisation dirigée par Michel Picon. Est-il sérieux, dans un contexte de déficits structurels et de projections alarmantes de continuer à emprunter la voie d'un retour de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans, ou d'une réduction de la durée d'activité requise », poursuit l'U2P dans son communiqué. Et d'ajouter : « Le bateau France prend l'eau et l'orchestre des partenaires sociaux continuerait de jouer comme si de rien n'était ? L'U2P s'y refuse. »
Une prise de position en résonance avec les propos du président du Conseil d'orientation des retraites, Gilbert Cette, qui la semaine dernière, jugeait « dérisoires », les discussions autour de l'âge de départ, dans un contexte international tendu, et une économie qui bascule petit à petit vers la guerre. Plusieurs personnalités politiques se sont aussi montrées sur cette ligne ces derniers jours : ainsi, Edouard Philippe juge-t-il «hors sol », la poursuite de cette concertation.
Selon nos informations, les autres organisations patronales, qui ont été informées hier soir tard de la décision de l'U2P, doivent échanger, de manière informelle ce mardi sur la conduite à tenir. « Nous n'avons pas intérêt à quitter ces échanges, ce n'est pas si souvent que le gouvernement nous redonne la main », plaide ainsi un membre du Medef. Même son de cloche côté CPME, selon un responsable : « Le Premier ministre dit lui-même qu'il ne faut pas revenir sur l'âge de départ, c'est notre position, ça donne de l'eau à notre moulin ! Et ce conclave, finalement, c'est l'occasion de faire valoir nos idées, comme instaurer de la capitalisation, ou travailler une heure de plus par semaine pour financer le régime ».
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De leur côté, les syndicats, eux, ont fait valoir leur mécontentement après la déclaration ce week-end de François Bayrou. Le locataire de Matignon a estimé qu'il n'est pas possible de revenir à un âge légal de départ à 62 ans. Dès dimanche, la CGT a dit sa colère face à cette interférence du Premier ministre dans les échanges entre les partenaires sociaux. De retour de Mayotte, Sophie Binet, la numéro un de la centrale, réunit ses instances ce mardi. Au cœur des échanges internes, sera posée la question de rester ou de sortir du conclave.
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Du côté de la CFDT, même stupéfaction et incompréhension. Marylise Léon, la cheffe de file du syndicat réformiste entend bien demander des éclaircissements au Premier ministre qu'elle rencontre ce mardi soir. Les syndicats doivent aussi échanger pour statuer.
La prochaine réunion des partenaires sociaux est prévue ce jeudi.
Fanny Guinochet