Il ruminait depuis des mois. Le 5 mars, en fin de matinée, Olivier Marleix a dit le fond de sa pensée à Laurent Wauquiez lors d'un tête-à-tête houleux. « Depuis un an, tu as eu un temps de retard sur tout et tu as passé ton temps à faire chier le monde, a lancé l'ex-patron des députés Les Républicains à son successeur, qui vise la présidence du parti. Tu aurais pu être numéro deux du gouvernement Barnier à Bercy, tu n'en as pas vu l'intérêt. Du coup, tu as emmerdé Michel matin, midi et soir ! » Proche de l'éphémère Premier ministre, l'élu d'Eure-et-Loir en veut à Laurent Wauquiez - dont il a pu louer la gestion du groupe parlementaire - d'avoir mis des bâtons dans les roues des ministres LR lors de l'arrivée de François Bayrou à Matignon.
Il estime, aussi, que le Rhônalpin « spécule sur l'échec collectif » de la droite en pariant sur l'essoufflement de Bruno Retailleau, qui cumule le ministère de l'Intérieur et sa propre candidature à la tête des Républicains. « Au départ, pour éviter des dissidents, tu ne voulais même pas de campagne interne, a fulminé Olivier Marleix. Et dès que tu as vu monter Bruno, tu as imposé une campagne de quatre-vingt-dix jours ! » Silencieux jusqu'à présent, le gaulliste devrait bientôt o icialiser son soutien au Vendéen.
Le président du Sénat n'a pas apprécié que certains proches du chef de l'État assurent qu'il n'aurait pas tenu ses engagements lors du processus parlementaire d'élection de Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel, élu à seulement une voix près. Gérard Larcher assure n'avoir pris en amont aucun engagement auprès de l'Élysée et avoir même rattrapé quelques voix en faveur du macroniste dans les couloirs juste avant le scrutin. Si celui-ci a finalement été aussi serré, c'est parce que cela a été un vote anti-Macron, explique-t-il.