Cet été, la France a découvert que ses battements de jambes dans une piscine à Paris pouvaient déclencher un ouragan d'émotions dans le pays. Cet automne, elle observe un second « effet Léon Marchand », ce lointain cousin de l'effet papillon. Le quadruple champion olympique est capable de provoquer des sueurs gouvernementales à partir d'un simple tweet.
Son message, vu plus de 4 millions de fois depuis sa publication jeudi, est un émoji de clown. Il moque une promesse d'Emmanuel Macron abandonnée par le gouvernement. Celle de généraliser les deux heures hebdomadaires de sport supplémentaires au collège.
Il n'a fallu que trois heures à la ministre de l'Éducation nationale, Anne Genetet, pour concocter une réponse personnalisée : « Cher Léon Marchand, a-t-elle tweeté à son tour, cette ambition, nous ne l'abandonnons pas bien au contraire : nous l'adaptons pour la rendre plus efficace. Plus juste. [L]a pratique sportive à l'école est désormais renforcée et ciblée [...] là où les élèves pratiquent le moins de sport faute de moyens. »
Concrètement, le dispositif testé dans 700 collèges cette année ne sera pas étendu en 2026 aux 7 000 établissements français comme prévu mais aux 1 100 situés en zone prioritaire. Pas de quoi contenter nos champions de l'été. Comme le nageur préféré des Français ou le pongiste Simon Gauzy, lui aussi auteur d'un tweet agacé, beaucoup ont le sentiment d'avoir rempli leur part du marché en poussant les enfants dans les clubs de sports, et qu'aujourd'hui, passé l'euphorie post-olympique, l'intendance gouvernementale ne suit pas.