Bergerac, la ville qui ne fait plus de bébés
Léna Ménager, envoyée Spéciale À Bergerac
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En Dordogne, le taux de natalité était de 6,6 % en 2023, contre 9,7 % en France métropolitaine.
LTD/envato
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En Dordogne, le taux de natalité était de 6,6 % en 2023, contre 9,7 % en France métropolitaine.
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Pour trouver le rayon bébé, Ghislaine Laur nous guide tout au fond de son officine, avant de désigner de la main les étals de couches et de lait de toilette. « Ça fait un an qu'on ne propose plus de lait infantile, prévient tout de suite la pharmacienne. On a remarqué qu'il périmait sur les étagères, plus personne ne venait en acheter. » À Bergerac - commune de quelque 27 000 habitants -, les enfants se font rares. En trente ans, le nombre de naissances par habitant en Dordogne a même chuté de moitié, faisant du département un précurseur du phénomène de dénatalité en France.
Au comptoir de cette pharmacie du centre-ville, Bernadette, 56 ans, raconte n'avoir eu qu'une fille unique, pour être « sûre de bien s'en occuper », elle qui a souffert d'avoir grandi au sein d'une fratrie de cinq enfants, sans que ses parents aient réellement les moyens de les élever. Bergerac compte 6,6 naissances pour 1 000 habitants - un des taux de natalité les plus faibles de l'Hexagone - et deux fois plus de décès que de naissances.
« Les familles nombreuses se font rares, confirme Lila Gresser, sage-femme à Bergerac. Après un ou deux enfants, mes patientes me disent : "J'arrête." » D'autant que l'accompagnement médical pour mener une grossesse à terme n'est pas toujours au rendez-vous. La sage-femme est la seule à exercer en libéral dans la commune. À son départ en congé maternité, en août dernier, elle a appris, stupéfaite, qu'en son absence une de ses patientes préférait reporter son projet de grossesse. « Les femmes ici se demandent comment elles vont être suivies », constate la professionnelle de santé.
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Sur le mur de son cabinet, elle a affiché les faire-part de naissance reçus cette année. En 2024, la ville de Cyrano a accueilli 140 nouveaux bébés. Pas assez pour renouveler les générations : aujourd'hui, 13 % des Bergeracois sont âgés de moins de 15 ans, contre 17 % à l'échelle nationale. Résultat : des résidences pour seniors ouvrent quand des classes d'école ferment. « On perd entre 15 et 20 élèves chaque année », regrette Julien Félix.
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