Les acteurs économiques et politiques de Bretagne ont effectué leur rentrée lors d’un 5e Forum économique breton placé sous le thème : « Il est où le bonheur ? ». Pour tous les secteurs en transition, l’écosystème a tracé un projet collectif de société, coconstruit entre acteurs publics et acteurs privés, et exhorté l’État à mieux travailler avec les territoires. Une démarche de concertation particulièrement attendue pour solutionner la crise du logement et assurer la vitalité des entreprises au regard de la démographie.Souveraineté, acceptabilité, attractivité, égalité, sobriété : au cinquième Forum économique breton (FEB), l'écosystème régional a effectué sa rentrée en esquissant, mercredi et jeudi 11 et 12 septembre à Saint-Malo, les conditions d'un bonheur durable (au double sens du terme) en Bretagne, en France et en Europe. Anticipant une période à venir « très instable », les acteurs bretons se sont emparés de la question imposée, « Il est où le bonheur ? », pour l'adapter à chacun de leur secteur d'activité.
Si les nombreuses plénières ainsi que les grands plateaux ont balayé les sujets de la mobilité heureuse, de l'énergie maîtrisée, d'une agriculture plus prospère demain, d'un numérique devenu sobre, ces rencontres ont surtout eu l'objectif de dessiner un projet commun de territoire, alliant puissance publique et acteurs privés, au service des habitants. Et ce en ménageant les équilibres entre allégresse économique, décarbonation acceptable et bien-être pour tous.
La vitalité bretonne, une affaire de démographie
Alors que la Bretagne affiche le deuxième taux de chômage le plus bas de France après les Pays de la Loire (6% au premier semestre 2024) et continue à créer de l'emploi salarié (16.000 en 2023), l'attractivité et le dynamisme du territoire sont cependant affaiblis par la hausse du nombre de demandeurs d'emplois inscrits et l'essoufflement de l'intérim.
« Face à la période d'incertitude qui s'ouvre, il faut travailler notre capacité à résister » a insisté Loïg Chesnais-Girard, le président de Région. « La quête du bonheur, c'est rechercher le "être mieux" plutôt que le "avoir plus", c'est aussi la qualité de vie des salariés, le logement, l'accès aux soins, la mobilité. Qui mieux que les élus des territoires est à même de répondre aux attentes de nos concitoyens ? » interroge cet ardent défenseur d'une « République des territoires », quelques jours avant la tenue du Congrès des régions à Strasbourg.