« La patrie a besoin de vous, de votre engagement », déclarait Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée du 5 mars, quelques jours après la scène tragique du Bureau ovale entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky. Depuis ce discours, 7 500 Français ont déposé leur candidature sur le site de la réserve nationale, c'est près de cinq fois plus que sur l'ensemble de l'année 2024.
En moins de trois semaines. Depuis le début de 2025, 12 000 personnes ont postulé en ligne, contre 1 700 en 2024. Une « nouvelle ère » en vue de laquelle la réserve militaire opérationnelle devra s'organiser en étoffant ses équipes afin de traiter un nombre de profils inédit. Pour le moment, ceux qui ont manifesté une volonté de s'engager n'ont pas encore eu de réponse. Pour ne pas faire de déçus, consigne a été donnée par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, de vite rattraper le retard.
C'est en février, quelques jours après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, que Quentin* ressent « une forme d'impuissance face à l'incertitude du monde ». « Ma mère me disait toujours : qu'est-ce que tu feras s'il y a la guerre ? explique ce trentenaire fonctionnaire dans une collectivité territoriale.
Donc, plutôt que d'être angoissé face à un éventuel conflit, autant se former, être utile et prendre sa part du fardeau. » Issu d'une famille de gauche, ce petit-fils de militaire estime que l'image de l'armée a changé ces dernières années : « Avant, l'armée, c'était soit un truc de gueux, soit un truc de nobles. Aujourd'hui, ça a changé, l'engagement a du sens. »