Il votera pour lui - « quand même » - et pour la judokate Romane Dicko, dont il apprécie la personnalité solaire. Candidat à la première élection des porte-drapeaux de la délégation française par l'ensemble des athlètes*, Earvin Ngapeth espère surtout ne pas avoir moins de 14 voix : cela lui évitera de regarder ses coéquipiers de l'équipe de France de volley un œil fermé, un sourcil levé. Il plaisante, il n'y a aucune ambiguïté avec cette bande de potes qui se connaît depuis près de vingt ans, qui a tout gagné, encore dimanche dernier avec une quatrième Ligue des nations.
Quand le champion olympique 2021 a commencé à envisager sa candidature, des doutes ont néanmoins affleuré. D'abord : est-ce que ça serait possible ? Ses démêlés avec la justice ne permettent pas de le ranger pas dans la case irréprochable mais ne l'ont pas disqualifié, car il n'a pas de casier. Contrairement à Nikola Karabatic, pour qui Earvin Ngapeth aurait sans cela voté. À 33 ans, il assume, apaisé. Son parcours et sa personnalité peuvent légitimement inspirer. Autre interrogation : cela peut-il nuire à l'équipe ? « Les sollicitations peuvent faire rater beaucoup de moments de vie du groupe, admet-il. S'il y en a trop, ça peut créer un petit vide. Pour l'équilibre, c'est embêtant. » Cela a fait l'objet de discussions avec la fédération et les copains. Mi-juin, quand la chose a été officialisée, tout le monde était « super heureux » que le volley soit ainsi mis à l'honneur, et ça l'a soulagé.