Rémy Boullé a tant de médailles à son revers
Stéphane Colineau
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Lors de la parade des champions sur les Champs-Élysées, le 14 septembre.
LTD/Lionel Hahn/KMSP via AFP
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Lors de la parade des champions sur les Champs-Élysées, le 14 septembre.
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Le charismatique Rémy Boullé attend deux heureux événements. Le plus important est programmé le 14 décembre avec la naissance d'un petit garçon. Peu avant, il recevra la médaille de l'Aéronautique. « Je n'ai pas la date, mais je viens d'avoir la confirmation, informe celui dont la danse en fauteuil a illuminé le Club France après sa médaille de bronze en para canoë, mais aussi sur le set de Martin Solveig lors de la cérémonie de clôture. Celle-là, je l'aurai attendue dix ans. Je vais la placer dans mon top 3. » Car le symbole est fort : l'athlète de l'équipe de France de l'armée l'a méritée en raison de l'accident de parachute qui l'a laissé paraplégique, le 4 septembre 2014 au cours d'un entraînement à Gap (Hautes-Alpes).
À 36 ans, le kayakiste et ancien caporal-chef de l'armée de l'air collectionne les médailles comme d'autres les pin's. Son panthéon personnel est occupé par treize récompenses sportives internationales et onze militaires, en attendant cette douzième. « Quand j'en reçois une en kayak, dit-il, je la vis comme un remerciement pour tous ceux qui m'aident au quotidien : entraîneur, préparateurs, mécènes. Une décoration militaire, c'est une fierté plus égoïste. Je sais que j'ai accompli mon devoir, peut-être sauvé des vies, et je la prends pour moi. »
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Au sommet de sa hiérarchie se trouve la croix de la Valeur militaire, reçue en 2011 en récompense de ses années en Afghanistan. Le commando parachutiste, engagé entre 2005 et 2016, a dormi deux mois sous un véhicule, frôlé la mort face aux talibans. « C'est le travail, relativise-t-il. Il y a eu, par exemple, cette opération où mon régiment a dû en aider un autre à se désengager parce qu'il n'avait plus de munitions. On a tiré, entendu les balles de l'ennemi siffler, dont celles d'un sniper. »
Stéphane Colineau
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