Fin avril à Twickenham, elles formaient la première ligne titulaire en finale du Tournoi des Six Nations, perdue d'un souffle face à l'Angleterre (43-42). Avant de traverser de nouveau la Manche, cette fois pour la Coupe du monde (premier match samedi 23 août face à l'Italie), Manon Bigot, Yllana Brosseau et Assia Khalfaoui nous ont raconté leur vie d'avant, assises à la même table sous les arbres de Marcoussis (Essonne).
Sapeur-pompier dans le civil, la première (35 ans, Blagnac) prendra sa retraite de talonneuse à l'issue de la compétition. Tandis que les deux piliers qui l'épaulent, 24 ans chacune, rejoindront Clermont à la reprise.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment en vient-on à choisir la première ligne ?
YLLANA BROSSEAU — C'est surtout la première ligne qui vous choisit ! (Approbation générale). Pour ma part, j'ai commencé deuxième ligne, mais en dernière année cadette, on m'a dit : « Ma belle, tu n'es pas très rapide, pas très grande... Si tu veux aspirer à quelque chose, tu devrais passer devant. »
MANON BIGOT — Quand j'ai débuté, je voulais être 10 [demie d'ouverture]. Mais comme je mettais ma tête partout dans les rucks, au bout du troisième entraînement on m'a mise devant et je n'ai plus bougé. Sans regret. C'est l'un des meilleurs postes.
ASSIA KHALFAOUI — Sauf quand on fait des mêlées en côte comme ce matin. Moi, j'ai commencé première ligne et je vais mourir première ligne !
Est-ce d'abord le goût du contact qui vous a attirées vers le rugby ou une appétence pour son jeu de mouvement ?
M.B. Moi, c'est le combat.
Propos recueillis par Damien Burnier