Tournoi des Six Nations : la France passe à côté à Twickenham
Stéphane Colineau

Damian Penaud laisse échapper le ballon, à l’image d’un XV de France trop maladroit pour espérer l’emporter.
LTD/Toby Melville/REUTERS
Stéphane Colineau

Damian Penaud laisse échapper le ballon, à l’image d’un XV de France trop maladroit pour espérer l’emporter.
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On n'humilie pas impunément des Anglais sur leur sol. Deux ans après la correction historique infligée à l'Angleterre à Twickenham (10-53), le XV de France a été rappelé à la réalité statistique des Crunchs joués dans le vénérable stade de la banlieue de Londres : le plus souvent, et de loin, c'est l'Angleterre qui gagne. Elle l'avait emporté neuf fois consécutivement entre 2007 et 2023, et sa série a peut-être repris tout simplement son cours hier, à la dernière seconde.
Le scénario de ce crunch n'a donc rien eu à voir avec la marche royale de 2023. Il a davantage convoqué le souvenir du Tournoi 2024, conclu par un succès français étriqué, acquis sur le fil (33-31) grâce à une pénalité de Thomas Ramos. Mais cette fois, ce sont les hommes de Galthié qui ont craqué, sur un essai de Smith à la 79e minute (26-25).
Les Français avaient pourtant commencé par faire étalage de leur supériorité collective et individuelle. Mais une série sans fin de fautes de main - on en comptait dix à la 44e minute, dont cinq près des lignes d'en-but - l'ont empêché de concrétiser leur domination. L'essai de Louis Bielle-Biarrey (29e), a soulagé mais n'a pas rassuré, en survenant au bout d'une séquence chaotique.
Dans une seconde période décousue, où tout respirait la fébrilité, la France a logiquement repris le dessus, avec un essai de Damian Penaud (61e). Mais la maladresse inhabituelle de Thomas Ramos au pied, ne lui a jamais permis de souffler. Matthieu Jalibert, revenant très attendu et en difficulté en défense, a lui aussi déçu. L'essai de Baxter (71e) a replacé les Anglais devant, avant la riposte de Louis Bielle-Biarrey, encore lui. Mais le pire a fini par advenir.
Ce revers n'enlève pas toutes leurs chances aux Bleus de remporter le Tournoi. À moins d'une improbable glissade à Rome dans deux semaines ou à Saint-Denis contre l'Écosse (15 mars), le vainqueur de cette édition peut encore être celui d'Irlande-France, programmé le 8 mars entre les deux meilleures nations européennes de ces dernières années. La France tentera d'empêcher l'Irlande de remporter le Tournoi des Six Nations pour la troisième fois de rang, du jamais vu depuis 2000 et l'intégration de l'Italie. Elle voudra surtout soulever enfin un deuxième trophée sous l'ère Fabien Galthié, après le Tournoi 2022.
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Pour les meilleurs ennemis des Bleus, demi-finalistes de la Coupe du monde, c'est une confirmation après les promesses entrevues la semaine passée en Irlande, et enfin un succès après six revers en sept matchs. Depuis juillet 2024, seul le Japon avait rendu les armes contre des Anglais jamais ridicules mais abonnés aux défaites encourageantes contre les grosses nations, un concept que les supporters bleus ont bien connu, et il n'y a finalement pas si longtemps que ça. La France reste dans les standards qui font la fierté de son sélectionneur. Malgré sa défaite, elle a remporté huit de ses dix derniers matchs, soit 80 % de victoires.
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On sait pourtant que ces chiffres ne suffisent pas à ces Bleus. Seul compte à leurs yeux, un palmarès bien maigre à ce jour. Les discussions autour de leur quête de trophées risque d'animer les prochaines semaines, Et d'abord jusqu'à Rome, où ils retrouveront Romain Ntamack, de retour de suspension.
Stéphane Colineau
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