OPINION. « Ayez l’esprit olympique, Monsieur le Premier ministre ! », par Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie en charge des Sports
Il y a un an, les Jeux olympiques et paralympiques nous ont rappelé la vertu du sport pour rassembler les Français et faire rayonner la France. À travers nos athlètes, nos bénévoles, nos infrastructures, notre pays a une fois de plus démontré qu’il pouvait accueillir le monde avec ambition. Mais une fois les lumières éteintes et les podiums démontés, que reste-t-il de cette promesse d’un pays sportif et uni ?
Par Kamel Chibli, membre du Conseil d’administration de Paris 2024, en charge de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports à la Région Occitanie
Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie en charge de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports.
Le bilan montre que ces Jeux ont bénéficié aussi bien au niveau national qu'au niveau local. Un exemple concret : en Occitanie, nous avons accueilli 300 équipes en préparation olympique. Quand on sait qu'un stage génère à lui seul près de 100.000 euros de retombées directes, on mesure l'importance qu'ont eu les Jeux pour les acteurs régionaux du tourisme et de l'hôtellerie.
Malheureusement, les récentes annonces du Premier ministre risquent de briser net cet élan. Où sont passées les belles promesses de « l'héritage olympique » alors que le sport est la principale victime de la cure d'austérité annoncée ?
En deux ans, les baisses cumulées des crédits atteignent près de 35 % avec, comme un coup de grâce, la disparition prévue du Pass'Sport. Ce dispositif permet de financer une partie de la licence des enfants de 6 à 14 ans. Sa disparition représenterait une perte de pouvoir d'achat importante pour les familles et pourrait mettre en danger de nombreux clubs amateurs. Cette décision, injuste, doit être revue.
En Occitanie, nous faisons du sport un pilier de l'action régionale. Chaque année, la Région consacre près de 30 millions d'euros pour accompagner les scolaires, soutenir les clubs et les athlètes et améliorer les infrastructures.
A cet engagement régional s'ajoute l'héritage de Paris 2024 qui a permis d'attribuer à Toulouse un bassin olympique dans le cadre de la future Cité de la natation ou encore la salle omnisports de 1 130 m² et de son mur d'escalade de niveau international du lycée Françoise à Tournefeuille, ancien centre de préparation des Jeux, permettant d'accueillir simultanément des entraînements et compétitions.
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C'est dans cet esprit qu'il nous faut aussi regarder vers l'avenir. Les Jeux d'hiver de 2030 offrent une nouvelle opportunité de mobilisation pour nos territoires. Cette perspective se construit dès aujourd'hui, sur les terrains d'entraînement, dans les clubs, au cœur de nos vallées. Les médailles d'or de demain ne s'improvisent pas, elles se préparent dès aujourd'hui.
Une politique publique ne se juge pas seulement au montant de sa facture budgétaire. Ce qui importe, c'est son impact réel, sa capacité à transformer concrètement la vie des citoyens et de notre jeunesse.
Je partage donc le sentiment de la présidente du Comité national olympique et sportif français affirmant que « le sacrifice imposé au budget du sport est démesuré », lorsqu'elle précise qu'un euro investi dans le sport, ce sont treize euros économisés en dépenses de santé, de prévention ou de sécurité.
Ce que nous avons vécu à travers les Jeux ne doit pas rester une parenthèse enchantée.
Ce que nous avons vécu à travers les Jeux ne doit pas rester une parenthèse enchantée. Il nous faut une stabilité des financements dans la durée, et une reconnaissance institutionnelle du rôle joué par les clubs, les bénévoles et les collectivités locales. Dans ce combat, les Régions ont toute leur place. Nous avons les compétences, l'ancrage, l'expérience.
Alors que le sport ne représente que 0,1 % du budget de l'État, continuer à l'amputer serait une absurdité et un mauvais pari pour l'avenir. J'en appelle donc au chef du Gouvernement pour qu'il sorte de son approche purement comptable et qu'il considère le sport comme un enjeu à part entière de notre pacte républicain et un pilier de l'émancipation de notre jeunesse.
Par Kamel Chibli, membre du Conseil d’administration de Paris 2024, en charge de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports à la Région Occitanie