Au foot, le Classique se joue deux fois par an. Au tennis, ça risque d'être plus souvent. On parle ici de terrains neutres, puisque ni Carlos Alcaraz ni Jannik Sinner ne bénéficient du privilège d'un Grand Chelem à domicile. Mais surtout d'une opération main basse sur les quatre pics de la saison. La voici bien lancée et vous voilà prévenus : il faut s'attendre à de longs dimanches de retrouvailles. Tel celui d'aujourd'hui à Wimbledon (15 heures, beIN), dont on peine à croire qu'il puisse être aussi foldingue que le dernier à Roland-Garros. Quoique...
Le rendez-vous de Church Road ne s'étirera peut-être pas sur cinq sets et trois tie-breaks, mais personne n'imagine des sifflotements. « Je ne pense pas que ce sera un meilleur match qu'à Paris, je ne sais même pas si c'est possible », anticipait Sinner, après avoir concassé en demi-finale Novak Djokovic, qui restait sur six finales consécutives sur place.
Face au nouvel ordre mondial, même le joueur le plus complet de l'histoire semble à court de solutions. Ou de carburant. Son 24e titre en Grand Chelem correspond au dernier ayant échappé à ce duo d'enfer et, mine de rien, il remonte à deux ans (US Open 2023). Si la fenêtre donnant accès à une levée bonus se referme, c'est moins l'âge qui semble impulser le mouvement que la force des nouveaux conquérants.
Y a-t-il quelqu'un d'autre pour se mettre en travers ? Pas vraiment. Troisième homme du podium de l'ATP, Sasha Zverev a la créativité trop chiche pour bouleverser les habitudes. On serait plus enclin à suivre les ondes émises par Jack Draper (23 ans, 4e), encore inconstant ; Ben Shelton (22 ans, 10e), qui n'a pas peur de grand-chose ; et João Fonseca, phénomène annoncé de 18 ans. Tout en leur souhaitant bon courage.