Les spectateurs des matchs d'Alex De Minaur doivent savoir à quoi s'en tenir : entre le premier et le deuxième service, le silence absolu est exigé. « Autrement, c'est un manque de respect à l'égard des joueurs », estime l'Australien de 26 ans, qui a constaté depuis plusieurs mois une augmentation des nuisances sonores entre les lancers. Or, le serveur doit maintenir une concentration maximale pour éviter la double faute. « Tu essaies de garder le rythme pendant que les tribunes s'animent comme si le point était terminé, c'est problématique, expose-t-il. L'ambiance nous coûte parfois des points. »
Question de moment, car le 8e mondial adore les manifestations qui suivent un coup gagnant, ou même une faute directe. « Là, oui, le bruit est même recommandé », sourit le vainqueur de neuf tournois ATP en simple, dont deux à Acapulco dans une ambiance caliente.
À la longue, les joueurs savent où les spectateurs se calment facilement, et où ils restent sourds aux demandes de l'arbitre. « En France, on évolue souvent dans des ambiances électriques, surtout si l'on joue contre un Français », glisse Alex De Minaur, souvenir à l'appui : au premier tour de Roland-Garros en 2022, sa défaite en cinq sets contre Hugo Gaston (4-6, 6-2, 6-3, 0-6, 7-6), sur un court Suzanne-Lenglen devenu « un peu hostile ».
Le soutien de Paul
Mais l'an passé, lors de son parcours jusqu'en quart de finale, où il avait perdu contre Alexander Zverev, il avait pu compter sur un surprenant soutien, qui avait nourri la belle histoire de la quinzaine parisienne. Paul, un adolescent francilien de 14 ans, s'était entiché de lui. « Je me souviens d'une fois où il m'avait encouragé du premier au dernier point », s'étonne presque Alex De Minaur, qui l'a retrouvé grâce aux réseaux sociaux. Ils ont passé du temps ensemble et parlé en français, une langue apprise par l'Australien au collège. Puis, Paul l'a soutenu en fin d'année, au Rolex Paris Masters, et pourrait remettre ça dans quelques jours. Toujours à la fin des points, par respect pour l'adversaire.