Tennis : Carlos Alcaraz, le kid préféré
Damien Burnier
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Carlos Alcaraz lors de sa victoire face à Jannik Sinner vendredi à Paris.
© LTD / J© Johnny Fidelin/Icon Sport
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Carlos Alcaraz lors de sa victoire face à Jannik Sinner vendredi à Paris.
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Demain, Jannik Sinner sera le nouveau numéro 1 du tennis mondial, mais qui connaît le son de sa voix ? Pas les spectateurs de sa demi-finale contre Carlos Alcaraz, quittée en vaincu et donc sans passer par la case micro, après cinq sets sans mot dire ni maudire. Frappe massue, bouche cousue. On n'a pas fini de jouer de la comparaison entre ces deux-là, fraîche vingtaine et sommet déjà gravi. Mais dans le registre de l'émotion, l'Espagnol part avec un boulevard d'Auteuil d'avance.
Lui a les sentiments diffus, le cri pour les dire, la rage qui se dilate, le poing étendard et, surtout, le sourire jamais bien loin. « Je joue avec la tête, le cœur et tout le reste, image-t-il. Avec le rêve de l'enfant qui voulait être dans cette situation. » Celle d'une première finale à Roland-Garros, tournoi qu'il courait regarder à la télé dès que l'école était finie, « avec l'idée d'ajouter [son] nom à la liste des vainqueurs espagnols ». Juan Carlos Ferrero, son coach, émarge à la ligne 2003. À l'aube de la quinzaine, il disait ceci : « Je pense que Carlos gagnera ici au moins une fois. » Au moins une fois, ça fait déjà beaucoup, même si ça semble peu de chose à côté du référent local.
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Rafael Nadal a poussé le curseur jusqu'à 14 titres et fait voler très haut les décibels de l'amour. Les clés du domaine en passe d'être rendues, il va bien falloir que Roland-Garros se trouve un nouveau héros. S'il n'a pas encore tué le game, Alcaraz a une bonne bouille de vainqueur. À l'applaudimètre, il ne craint personne. C'est lui le kid préféré. Parce qu'il irradie, mais d'abord parce que la raquette brûle d'éclats. Du coup droit laser à l'amortie velours, son jeu est une ballade des gestes heureux. Surclassé en quart, Stefanos Tsitsipas a l'admiration qui vire au fatalisme : « Il a réponse à tout. Le gamin est simplement trop fort. » Un gamin de 21 ans qui devient le plus jeune à fouler en finaliste les trois surfaces des Majeurs. Un an plus précoce qu'Andre Agassi en 1992. Pour agrandir sa marque et transcender son destin populaire, le 3e mondial aura besoin d'une rivalité.
Damien Burnier
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