Cédric Vasseur ne lâche pas la télévision du regard. Installé au fond du Pullman, le manager de Cofidis dévore le final d'une étape qui a mis en lumière sa formation avec un maillot distinctif pour le champion olympique sur piste Benjamin Thomas, malgré une drôle de chute qui a annihilé son échappée. Soulagement.
Ce 112e Tour de France proposait en guise d'apéritif une boucle au départ et à l'arrivée de Lille. À vingt minutes en danseuse du siège de l'équipe et de son sponsor, à Villeneuve d'Ascq. Vasseur est né un peu plus loin, à Hazebrouck, traversée samedi. Briller sur ses terres, le Nordiste en rêvait. Ses lieutenants aussi.
Samedi matin, dans le confort climatisé du car de l'équipe, un de ses directeurs sportifs, le Belge Thierry Maréchal tonne lors du briefing d'avant course, un fort accent du cru appuyant son propos : « Imaginez si on fait un podium à Lille ! Aujourd'hui, ça doit être la guerre ! » Son homologue espagnol Bingen Fernandez, chargé de relever les pièges du tracé, fourche sur la prononciation de Béthune, devenu « béton » sous les protestations amusées des coureurs français. Mais lui aussi a travaillé la fibre locale : « A la maison, on se doit de faire des choses différentes. »
Message reçu. Benjamin Thomas, actif pendant cette présentation, se glisse donc dans la première échappée, déclenchée alors que Christian Prudhomme vient à peine de baisser le drapeau. Premier au sommet de la première difficulté, il glane les premiers points de la montagne en jeu. Quand il est repris, c'est au tour de Bryan Coquard, l'autre bavard du briefing, de monter les mollets. Il termine à la deuxième place du premier sprint intermédiaire. Vasseur rugit d'aise. Même s'il n'a pas tout vu.