ENTRETIEN – Nouveau leader de l’équipe de France, le coureur de 800 mètres raconte les douleurs propres à sa discipline. Il s’alignera au meeting de Paris, au stade Charléty, vendredi.Il avait attaqué sa saison dans des formats inhabituels pour lui - plus courts -, signant au passage le 9e chrono de l'histoire sur 600 mètres, distance rarement courue. Jeudi, Gabriel Tual a fait une rentrée probante sur le double tour de piste à Oslo (4e en 1'43"09, en deçà des minima pour les Mondiaux de Tokyo). Avant de rallier par le rail Stockholm, qui accueille aujourd'hui la 7e étape de la Ligue de Diamant.
Mais c'est surtout la perspective de retrouver Paris et la piste de Charléty, vendredi, qui forge le sourire du Bordelais de 27 ans. L'été dernier, peu après son sacre européen, il s'y était approprié le record de France en 1'41"61, soit 92 centièmes de mieux que la marque de Pierre-Ambroise Bosse dix ans plus tôt. De quoi lui conférer le titre d'athlète français de l'année.
LA TRIBUNE DIMANCHE - La saison dernière s'est apparentée à une bascule. En quoi vous a-t-elle changé ?
GABRIEL TUAL - Je me pose moins de questions parce que je constate que ce que l'on fait, ça marche. Alors je ne sais pas où on va, mais on y va ! En fait, je ne me suis jamais trop préoccupé des attentes des autres, de la pression environnante. J'ai une petite bulle de protection. Je sais qu'on compte sur moi mais j'ai appris à courir pour moi. Je ne veux pas oublier que je cours parce que j'adore courir. Et le fait de se prendre un mur 99 % du temps aide à apprendre à perdre, à être humble et à se relever de chaque épreuve.
Vous avez l'impression d'avoir pris des murs en 2024 ?
Pas beaucoup mais, quand même, il y a eu les Jeux olympiques... Je me voyais sur la boîte. J'ai été très frustré, sans pour autant nourrir des regrets. Parce que j'ai posé mes cartes, j'ai tenté. Si je n'avais pas attaqué, j'aurais peut-être fini 4e plutôt que 6e. Mais pour moi, c'était soit la médaille soit rien.
Propos recueillis par Damien Burnier