Parmi les mérites de la préséance d'Antoine Dupont, il en est un que l'on mentionne peu : son niveau époustouflant évite de s'épuiser en polémiques sur le choix du demi de mêlée titulaire. Sans lui, le rugby français serait confronté à des débats sans fin. Son réservoir de numéros 9 de qualité est presque aussi profond que le jeu au pied de son capitaine, 28 ans et 55 sélections. « Nous en avons cinq qui joueraient dans toutes les autres sélections », comptabilise l'ancien international Jean-Pierre Élissalde, membre d'une famille éminente de la confrérie, avec son père Arnaud et son fils Jean-Baptiste, sélectionné 35 fois entre 2000 et 2008. Puncheur aussi malin que survitaminé, Nolann Le Garrec figure en bonne place dans sa liste.
Catalogué « prodige » depuis ses premières passes à Vannes, le Breton s'est affirmé, du haut de ses 22 ans, comme le taulier d'un Racing 92 déboussolé sans lui ; il le quittera pour La Rochelle à la fin de la saison. S'il étale moins de sélections que la concurrence (7), c'est lui qui sera remplaçant en ouverture du Tournoi des Six Nations contre le pays de Galles, vendredi au Stade de France. De dix ans son aîné, Maxime Lucu, 24 sélections, a été le second d'Antoine Dupont pendant la Coupe du monde 2023. Plus sobre que Le Garrec, il est un animateur hors pair, très apprécié du staff tricolore. Il était l'un des trois demis de mêlée convoqués par Fabien Galthié cette semaine à Marcoussis, avant d'être renvoyé à Bordeaux pour jouer avec l'UBB ce week-end.