UN ÉTÉ AVEC SOCIETY – Mike Venema, un Néerlandais entre deux âges, s’était installé en 2009 à Curaçao, dans les Caraïbes, pour y construire une vie entre fêtes, rencontres et plages de sable fin. Puis, en septembre 2018, l’expérience a viré à l’horreur.En 2009, Michel Venema - que tout le monde appelle « Mike » - végète, se cherche, avant de décider de réinventer sa vie. Le quadragénaire troque les rues feutrées aux haies bien taillées et aux châteaux médiévaux de Heemskerk, son village natal d'Hollande-Septentrionale, contre les plages de sable fin aux eaux turquoise de Curaçao. Du nom de cette île des Caraïbes, État autonome au sein du royaume des Pays-Bas, où il s'installe. Homme à tout faire de jour : technicien en climatisation, électricien, plombier ou gérant d'apparts à louer. La nuit venue, le Néerlandais à l'allure bonhomme, moustachu et souriant, arborant souvent sa Rolex au poignet, aime faire la fête.
Pendant près de dix ans, il vit sa meilleure vie. Mais en septembre 2018, ses parents, restés aux Pays-Bas, n'ont plus de nouvelles. L'inquiétude grimpe : Michel Venema est leur fils unique, et il n'est pas du genre à laisser plusieurs jours passer sans appeler Lolita, sa mère, alors âgée de 83 ans. Inquiétude hélas confirmée. Michel Venema ne donnera plus jamais de nouvelles.
Cette nuit du 12 septembre, Mike pensait pourtant profiter d'une fête de plus sur cette petite île de moins de 150.000 habitants, qu'il connaissait désormais dans ses moindres recoins. Son appartement de Willemstad étant en travaux, il habite alors Jan Sofat, station balnéaire cossue du sud de l'île, dans une villa aux murs blancs entourée d'une eau translucide, d'une marina et de plages privées. Il a décidé, ce soir-là, d'y organiser une « sex pool party ».
À ses côtés, cinq personnes arrivées ensemble : deux hommes, trois femmes. Deux d'entre elles sont des strip-teaseuses rencontrées en soirée et venues ici contre rémunération. Les convives rigolent, boivent, s'éclaboussent dans la piscine. Mike a une relation sexuelle avec l'une de ses invitées. C'est là que les choses vont commencer à dérailler pour le Néerlandais, dont la conscience s'estompe. « Il a dû être drogué, et le sexe a servi de manœuvre de diversion », clamera le ministère public pendant le procès.
Par Romuald Gadegbeku. Illustration Laura Acquaviva