À Réville, pour savoir si l'été a commencé, il faut plutôt se fier aux bruits des tongs sur le gravier du camping municipal qu'à la météo. La plupart des vacanciers sont propriétaires de leur mobile home et aiment se montrer accueillants avec ceux qui viennent pour la première fois découvrir leur petit coin de paradis, au bout du bout de la pointe de Jonville, dans la Manche.
La marée était clémente ce matin, donc Michel est allé pêcher quelques araignées en apnée pour en offrir à un couple de Belges. Alain se balade dans les allées en quête de voisins avec qui faire un brin de causette. Un groupe de vélo-touristes attend la réouverture de l'accueil, à l'abri de la bruine, pour pouvoir poser leurs tentes avant de reprendre leur tour du Cotentin à deux-roues. Celle que tout le monde appelle « Mamielie » est partie se réapprovisionner au Lidl. Elle est un peu « la mémoire du camping », révèle Virginie Ferré, la gérante de l'établissement trois étoiles. Il faut s'adresser à elle si l'on souhaite déterrer de vieux souvenirs.
La plage de sable fin est en contrebas. Le flanc de la pointe est surmonté d'un petit phare et d'un ancien fort militaire transformé en bar-restaurant. Jusqu'à l'année dernière, c'était la destination « cool » pour tous ceux qui voulaient profiter d'un été dans la douceur du Cotentin en gobant quelques bulots mayo. Depuis, Le Goéland 1951 a changé de patrons mais son nom et la vue sur la baie de Saint-Vaast-la-Hougue et l'île Tatihou sont intacts.