Le Crédit Immobilier de France Méditerranée menacé
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Dominique Guérin, président du Crédit Immobilier de France (CIF) Méditerranée (régions Languedoc-Roussillon et Paca), administrateur national du CIF et directeur général de FDI Groupe (promoteur immobilier régional), bat la campagne pour alerter les acteurs politiques des dégâts collatéraux que pourrait engendrer l'arrêt de l'activité de l'établissement, spécialisé dans l'accession à la propriété de ménages à faibles revenus.
En lui accordant sa garantie à hauteur de 4,7 Mds €, le 1er septembre dernier, l'État est venu au secours du CIF, dans l'incapacité de se refinancer sur les marchés depuis la dégradations de trois crans de sa note par l'agence de notation Moody's.
« En contrepartie, l'État demande au CIF de stopper sa production de crédits et de gérer les encours, rappelle Dominique Guérin, inquiet. Aucune autre banque ne fera du crédit aux ménages modestes, sur 26 ou 27 ans et avec 0 % d'apport ! »
Cette interruption de l'activité de crédits pourrait générer une facture sociale importante sur l'économie régionale.
À commencer par l'emploi : le CIF Méditerranée emploie 245 collaborateurs dans 26 agences de dix départements des régions Languedoc-Roussillon et Paca, ses zones d'influence.
« Si le Parlement valide cette décision de gérer en extinction, c'est 160 licenciements pour CIF Méditerranée sous 3 mois, dont 100 en Languedoc-Roussillon et 80 à Montpellier », alarme le président de l'établissement. Le CIF Méditerranée, c'est 41 570 clients, 4,7 Mds € d'encours sur l'arc méditerranéen, 650 M€ de production de crédits chaque année, dont 600 M€ à destination des ménages modestes. Et 310 M€ en Languedoc-Roussillon. Ce seront donc autant de crédits qui ne seront plus réalisés. »
L'autre volet de l'impact régional, c'est le retentissement de cette situation sur FDI Groupe, dont le CIF Méditerranée est une filiale.
« FDI Groupe, c'est 135 M€ de capitaux propres, 55 M€ pour l'activité immobilière, 80 M€ dans le crédit », explique Dominique Guérin.
Le démantèlement du CIF entrainerait de facto la perte de 80 M€ de capitaux pour FDI. Et des conséquences sur le niveau de ses effectifs - « 15 à 20 d'ici fin 2013 », craint Dominique Guérin - ainsi qu'un impact sur la mission sociale menée par FDI Groupe, investi, par exemple, à Montpellier dans les opérations Petit Bard et Cévennes.
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Le 13 septembre, le président du CIF Méditerranée a entamé une tournée des députés de la région :
« C'est le Parlement qui prendra la décision de savoir si on gère la situation en extinction ou autrement... Une décision qui devrait intervenir vers la mi-octobre. Mon action est de sensibiliser les élus locaux et les décideurs des collectivités régionales de l'impact économique, tant sur les salariés que sur la production de crédit ou les missions sociales. Les salariés sont abasourdis par cette perspective de couper la tête à une entreprise viable et rentable. Le CIF n'est pas malade ! C'est une exécution ! »
Cécile Chaigneau
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Légende : Dominique Guérin, président du Crédit Immobilier de France Méditerranée, et directeur général de FDI Groupe.
Crédit photo: FDI
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