Les Brasérades veut prendre le marché national
La Tribune
La Tribune
Lorsqu'en 2007, Guy Dupuis, le fondateur et président de l'entreprise Les Brasérades, installée au Crès (34), rachète l'usine picarde Umark, l'objectif était de s'ouvrir de nouveaux marchés.
« Le rachat de l'usine Umark dans l'Oise (pour 4 M€, NDLR), nous ouvrait celui des charcuteries cuites et fumées, avec 3000 tonnes annuelles : un produit d'hiver en comparaison avec nos produits historiques, dédiés aux grillades estivales, pour lesquelles nous enregistrons un volume de production de 90 à 100 tonnes par semaine, indique Guy Dupuis. Les deux sociétés, Umark et Braserades totalisent 6500 tonnes. »
Les Brasérades compte ses principaux clients parmi les acteurs de la GMS. En effet, cet investissement a permis à l'entreprise d'accroitre son activité, notamment sur la moitié nord du pays, et plus spécifiquement en région parisienne.
Néanmoins, depuis cette opération de croissance externe en 2011, l'entreprise a été confrontée à une hausse du prix de ses matières premières, compliquant le remboursement des aides attribuées par les collectivités.
« Le boyau que nous utilisons pour les saucisses a augmenté de 300 %, pendant que la viande de porc nous coûtait 30 à 40% supplémentaires ; cette année-là, nous avons perdu près d'1,2 M€ », indique le dirigeant.
Un coup dur, confirmé par une délibération du Conseil régional du Languedoc-Roussillon, concernant la stratégie régionale d'accompagnement des entreprises en croissance, datée d'avril 2013.
« Une avance remboursable ASTRE de 300 000 € a été attribuée en décembre 2009 à l'entreprise Les Brasérades pour l'accompagner dans son projet de croissance », indique le document. Pour l'exercice en cours, (2013, NDLR) la problématique (de l'augmentation du coût des matières premières, NDLR) a pu être résolue grâce à une révision de ses prix de vente, acceptée par ses clients de la GMS et le carnet de commande est satisfaisant sur les 5 premiers mois d'activité. C'est dans ce contexte que l'entreprise Les Brasérades sollicite auprès de la Région de reporter au 30/09/2013 l'échéance due au 31/03/2013 au titre de l'avance remboursable ASTRE en cours de remboursement et de reporter d'autant l'échéancier, prorogeant ainsi la convention, par un avenant, jusqu'au 31/03/2018. »
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

En 2012, l'entreprise affichait un chiffre d'affaire consolidé de 27 M€ et un effectif global de 142 salariés, dont 69 en région.
« Lorsque j'ai créé l'entreprise en 1970, le chiffre d'affaire était de 700 000 €, et en 2014, nous comptons atteindre 36 M€ non consolidé avec près de 180 personnes en équivalents temps plein », annonce Guy Dupuis.
Avec le bouclage d'une levée de fonds de 2,5 M€ auprès d'Audacia (montage : Solutions d'Experts), Guy Dupuis entend accélérer la restructuration de la société, se constituer 1 M€ de fonds de roulement, investir près d'1 M€ sur l'outil industriel, et réfléchir à une campagne de communication.
« L'idée, dit-il, c'est d'être totalement sur le marché national, bien que nous ayons déjà des commerciaux en Île-de-France, en Paca, en Rhône-Alpes, dans le Sud-Ouest, et bien sûr en Languedoc-Roussillon. »
Amandine Ascensio
La Tribune