Nid de faucons en Israël

 |   |  341  mots
Par Sophie Gherardi, directrice adjointe de la rédaction de La Tribune.

De l'avis général, le mode de scrutin israélien est plein de défauts. C'est une proportionnelle intégrale avec un seuil d'entrée au parlement très bas (il suffit d'obtenir 2% des voix), d'où un émiettement qui oblige à former des coalitions hétéroclites et instables. Mais ce mode de scrutin a au moins un avantage : il offre une photographie en haute définition de l'opinion israélienne.

L'information est précieuse pour le reste du monde, du moins pour ceux qui appellent de leurs v?ux une paix au Proche-Orient. Que nous apprennent les résultats des législatives de mardi en Israël ? Ils confirment d'abord l'émiettement, et une tentative de l'électorat pour y échapper : 34 listes se présentaient, mais 20 n'ont capté qu'une poignée de voix (entre 0 et 1%).

Douze formations ont obtenu des députés, mais cinq d'entre elles seulement comptent plus de dix sièges : le parti centriste Kadima de la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni (28 sièges), le Likoud de Benyamin Nétanyahou (27), le parti travailliste d'Ehoud Barak (13, en fort recul), le parti d'extrême droite du russophone Avigdor Lieberman, Israël Beitenou (15, en hausse), et le parti religieux Shas (11).

Et le "camp de la paix" ? Il est réduit à peu de chose et désorienté, beaucoup de ses membres ayant soutenu l'opération militaire à Gaza. Le gouvernement de coalition qui sortira des discussions entre les principaux partis reflétera nécessairement la poussée à droite de l'électorat, plus que jamais taraudé par des angoisses sur la sécurité d'Israël.

Mais ce gouvernement subira nécessairement les pressions de Barack Obama, qui s'est engagé à faire avancer la paix. Les leaders des trois principaux partis, Livni, Nétanyahou et Barak - tous des faucons, selon les standards qui ont cours ailleurs - ont déjà eu à négocier avec les Palestiniens. Ils peuvent le faire à nouveau. Mais avec quels Palestiniens ? La réponse dépendra d'autres élections, côté palestinien cette fois, censées avoir lieu en 2009.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :