Crise : des prêteurs sans crédit

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Par Erik Izraelewicz, Directeur de la rédaction de La Tribune.

Le krach boursier continue, un long krach boursier ! En dépit de quelques soubresauts qui laissent, parfois, entrevoir un espoir, la dégringolade des marchés, partout dans le monde, se poursuit. Hier, Paris a connu sa septième séance consécutive de baisse. New York avait terminé, la veille, à son plus bas niveau depuis douze ans !
La rechute de février a une explication simple : les plans de sauvetage et de relance concoctés un peu partout dans le monde par les États n'ont pas convaincu, pas plus que les extravagances dans lesquelles se sont aventurées les autorités monétaires. Politiques et banquiers centraux ont tout essayé? ou presque. En vain. Les prêts massifs accordés aux banques, sous diverses formes, n'ont pas permis de dégeler le marché du crédit, ni de créer la confiance nécessaire au bon fonctionnement du système.
Par leur activisme brouillon et désordonné, politiques et banquiers centraux ont en fait révélé leur désarroi. Et c'est terrible. Ils peuvent évoquer mille et une solutions "nouvelles" ? de la création d'une gigantesque "banque mauvaise" ("bad bank") qui centraliserait tous les actifs toxiques à la nationalisation générale des banques ; plus personne ne les croit. Ils peuvent déverser des dollars, des euros ou des yens par milliards, plus rien n'y fait, ils ont perdu tout crédit.
Des prêts sans crédit, voilà donc ce à quoi ils sont réduits. Et cela, on le sait, ça n'a jamais marché. La crise de confiance est entrée, dix huit mois après ses débuts, dans une phase critique. De nouvelles illusions sont tombées. Les assureurs assuraient avec une belle assurance, il y a peu de temps encore, qu'ils seraient épargnés par la tempête. Les malheurs d'AIG ou d'Axa montrent aujourd'hui qu'ils n'en est rien. Idem pour les pays émergents. Leurs dirigeants croyaient en l'immunité de leurs économies : l'Europe de l'Est et l'Asie, frappées cet hiver avec une violence inouïe, apportent un pénible démenti.
La crise financière n'est pas finie, la crise économique s'approfondit. L'une et l'autre s'alimentent désormais. Il y aurait bien des raisons d'espérer. Plusieurs révolutions technologiques sont en cours (celles du Net, du bio, du green, etc.). De nombreux besoins sont à satisfaire partout dans le monde. Tant que la confiance ne sera pas revenue, la machine ne pourra pas repartir, ni la Bourse se redresser. Les valeurs refuges ? l'or et l'art notamment? en profiteront. L'urgence, c'est qu'États et banquiers centraux retrouvent au plus vite leur crédit. Pour que leurs prêts servent à quelque chose.
 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Ce que le citoyen des pays développés intègre c'est que les dettes monstrueuses déjà accumulées + celles que font les états pour désespérément revenir à la situation antérieure, ou du moins s'en rapprocher, ne seront jamais remboursées et pèseront sur les décennies à venir.
Croire que les solutions de 1929 ou encore celles qui ont permis de régler des crises très circonscrites (les banques suédoises) s'appliquent à la situation actuelle oublient que nous sommes dans un monde qui a, à tout point de vue, trop tiré sur la corde.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le système est fondé sur la confiance... dans la spéculation. Lorsque la spéculation à la baisse sera terminée, commencera la spéculation à la hausse : c'est dernière que vous appelez sans doute la confiance, mais l'économie n'a pas grand chose à voir avec la psychologie ou l'affectif. Les banquiers ne pleurnichent pas.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
quelle est la vraie responsabilité des investisseurs? (souvent retranchés derrière les institutions, banques, fonds en tout genre). Depuis des décennies, la recherche unique du profit à court terme guide ces organisations qui ne sont que l'extension de chacun d'entre nous.
Lorsque cette recherche de profit à court terme perd de vue lle lien à une réelle création de valeur ou le soutien d'activités stratégiques nous ne pouvons nous en prendre qu'à nous même. Car ces fonds sont notre épargne, ou nos dépenses.
Ces flux d'argent dérèglent l'économie réelle. Nous sommes tout a fait capable d'évaluer l'influence de notre comportement sur l'environnement. Il en va de même de l'économie.

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