La retraite par le mauvais bout

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Par Olivier Provost, rédacteur en chef de latribune.fr.

C'est cette semaine que le débat sur la réforme des retraites va entrer dans le vif du sujet. Et force est de constater qu'il ne va pas y entrer de la meilleure façon qui soit. Passons sur les petites phrases distillées ces dernières heures qui font penser que la messe est déjà dite. La réforme de la retraite, comme le rappelle La Tribune dans cette édition, dépend de plusieurs paramètres "techniques", comme sur le tableau de bord d'une voiture. On peut faire varier légèrement ces curseurs pour se donner un peu d'oxygène, en sachant qu'il faudra modifier à nouveau ces réglagles dans quelques années.

C'est la façon la plus indolore de préparer l'élection présidentielle de 2012. Et puis on peut "rentrer dans le dur" et tenter d'aboutir à un vrai changement qui permette d'apporter une réponse pour les décennies qui viennent. Mais pour cela, il faut quasiment arrêter de parler de réforme des retraites et parler plutôt de révolution du travail. Car la question est moins de financer la vie de ceux qui ont fini de travailler que d'augmenter le nombre de ceux qui travaillent encore et doivent financer leurs aînés, aussi longtemps que la France maintient son système de retraite par répartition.

Cela nécessite de revoir complètement notre façon de vivre le travail des seniors à tous les points de vue : responsabilité, pénibilité, rémunération. A cet égard, ni les salariés, souvent désireux de partir en retraite rapidement, ni les entreprises - qui préfèrent embaucher des jeunes moins bien payés que conserver les seniors - n'ont de vraie motivation. Il va falloir les y inciter (une loi le prévoit désormais)... ou les y forcer.

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Commentaires
a écrit le 13/04/2010 à 11:24 :
A la fin du XXième siècle, la mode était aux questions sur "l'équité inter-générationnelle".
En matière de retraite, ceux qui ont pris leur retraite avant les réformes ou peu après sont souvent ceux qui ont bénéficié des trente glorieuses et certains ont une bonne pension tout en ayant pu devenir propriétaire de leur logement. Pourquoi ne pas leur demander soit d'aider les jeunes à payer les retraites des moins riches de leur génération ou de financer une cagnotte placée en logements pour jeunes étudiants, pour personnes âgées ou autres qui pourront servir de "patrimoine à vendre" lorsque les jeunes d'aujourd'hui partiront à la retraite.
Reste à fixer les retraites à taxer ? L'équivalent en net du plafond de la sécurité sociale serait déjà une idée ou le salaire médian en France pour ceux qui n'ont pas à payer une maison de retraite.
Cela permettrait une solidarité entre vieux et éviterait l'actuel ressentiment des jeunes envers les générations âgées qu'ils ne voient souvent que comme des poids qu'ils devront supporter tôt ou tard et probablement longtemps du fait de l'espérance de vie.
a écrit le 12/04/2010 à 16:09 :
Il aura fallu que je visitasse un site financier pour entrevoir une solution révolutionnaire porteuse d'espoir !
Merci.

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