Raclée en vue pour Obama

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Par François Lenglet, directeur de la rédaction La Tribune.

Le plus gentil, le mieux habillé, le plus visionnaire, le plus "melting-pot" de toute l'histoire américaine : en 2008, Barack Obama était le président de tous les superlatifs. Et cela ne s'est pas démenti depuis. Le président américain a fait face à la pire crise depuis près d'un siècle. Il a creusé le déficit budgétaire le plus important que les États-Unis aient subi en temps de paix. Et il s'apprête à prendre la plus belle raclée électorale jamais vue lors de consultations de mi-mandat. Voilà un tempérament de recordman.

Deux ans après l'arrivée de l'homme providentiel à la Maison-Blanche, l'Amérique résonne d'un seul mot : déception. Le miracle Obama n'a pas eu lieu. Mais il y a, dans les critiques d'aujourd'hui, autant de puérilité et d'outrance que dans les attentes déraisonnables que son élection avait suscitées. Comme dans toutes les démocraties, Obama subit les mouvements d'humeur d'une opinion publique versatile, de plus en plus moutonnière, qui ne comprend plus le temps de l'action politique parce qu'elle est obsédée par l'immédiat. Obama est en fonction depuis vingt et un mois. Ce n'est pas si long. Et il a quand même évité à l'Amérique un effondrement économique et financier. Ce n'est pas si mal.

Le ressentiment des électeurs s'explique aussi par l'évanescence de la reprise et la persistance d'un chômage élevé aux États-unis. Il y a là une loi universelle : les citoyens prolongent ou répudient leurs dirigeants selon qu'ils ressentent ou non le bénéfice d'une forme de sécurité économique. À cet axiome maintes fois vérifié s'ajoute une nouveauté, qui explique le malheur des pouvoirs politiques aujourd'hui : les électeurs ont l'impression de subir les conséquences d'une crise dans laquelle ils ne sont pour rien, alors que les responsables du désastre sont à la fois impunis, insolemment riches et susceptibles de recommencer. Avec les grèves en France ou la mauvaise humeur électorale aux États-Unis, ce sentiment d'injustice commence à peine à se faire entendre.

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