Le G20 doit-il régenter les soldes extérieurs ?

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Par Jean Pisani-Ferry, directeur de Bruegel (centre de recherche et de débats sur les politiques économiques en Europe).

Depuis Londres, en avril 2009, où il avait orchestré la relance, le G20 peine à trouver un second souffle. À Pittsburgh, il a lancé un programme d'évaluation mutuelle des politiques économiques qui n'a pas abouti à grand-chose. À Toronto, États-Unis et Allemagne ont polémiqué, les pays émergents ont joué les spectateurs. Va-t-on mieux faire à Séoul, alors que le FMI vient de souligner la lenteur du rééquilibrage de la demande entre pays à déficit et pays à surplus ?

C'est dans ce contexte que Tim Geithner, le secrétaire américain au Trésor, vient de proposer de limiter les excédents ou déficits extérieurs à 4 % du PIB. Pour les États-Unis, c'est une manière astucieuse de continuer à poser la question du taux de change chinois, mais sans prononcer les mots qui fâchent. C'est aussi une manière de faire pression sur les pays à surplus. À peu près en même temps, l'Union européenne vient de proposer une surveillance des déséquilibres au sein de la zone euro. La motivation n'est pas la même, puisqu'il s'agit surtout de limiter les déficits, mais la question l'est : peut-on fixer des objectifs de solde extérieur?

À cette question, il faut d'abord répondre que l'économiste est bien incapable de dire ce qu'est un bon déficit (ou excédent). Tout dépend en fait de sa contrepartie interne ? investissement ou consommation ? et son financement ? investissement direct ou crédit bancaire. Deuxièmement, le solde extérieur dépend d'une myriade de décisions privées, et met donc en jeu un ensemble de leviers de politique économique, du change à la taxation en passant par la protection sociale. Piloter les soldes extérieurs, c'est discuter une série de sujets traditionnellement considérés comme relevant de la seule décision nationale. Enfin, personne n'a vraiment trouvé comment obtenir des pays en excédent qu'ils s'ajustent. La discussion s'annonce donc délicate. Elle vaut la peine mais l'exercice est risqué.

 

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