GM, ou mourir pour mieux renaître

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Par Pascale Besses-Boumard, Rédactrice en chef

Le retour en Bourse de l'américain GM véhicule une forte symbolique. Exsangue voici deux ans, placé sous le Chapter 11 des sociétés en faillite, retiré de la Bourse dont il en avait pourtant fait les beaux jours du temps de sa splendeur, alimenté au compte-gouttes par les deniers de l'État, voilà le constructeur automobile qui réapparaît, avec aplomb, aux portes du temple de la finance américaine. Qui l'eût cru ? Mais les boursiers, comme les enfants, surtout à l'approche de Noël, aiment les belles histoires. Et celle de l'ex-numéro un mondial est haute en couleur. Elle démontre à l'envi combien les marchés financiers sont prêts à oublier le pire lorsque le jeu en vaut la chandelle. Surtout lorsque les perspectives de gains l'emportent sur les mauvais souvenirs. Car il faut avoir la mémoire bien courte ou un sens du pardon hors du commun pour passer outre les difficultés rencontrées dès 2008 par GM. Des problèmes qui ont conduit un État américain, chantre du libéralisme, à prendre des mesures tout aussi exceptionnelles. Tandis que l'action fondait comme neige au soleil, au grand dam des actionnaires qui n'avaient plus que leurs yeux pour pleurer. Ces mêmes actionnaires auront-ils envie de participer au retour en Bourse de cette valeur emblématique ? Rien n'est moins sûr. En revanche, il semble que la demande pour les titres remis sur le marché soit très forte. À tel point que tous les candidats ne seront pas servis à 100 %. Le groupe affiche aujourd'hui, il est vrai, d'excellents chiffres assortis de perspectives de rentabilité non moins ronflantes, dans un contexte à nouveau porteur pour le secteur automobile. Alors pourquoi bouder son plaisir ? Foin du passé, ce qui compte, ce sont les plus-values à venir. Et la Bourse, de ce côté-là, n'a aucun état d'âme, sa mission étant de satisfaire les investisseurs tout en permettant aux entreprises de financer leurs projets de développement. Le cas GM entre parfaitement dans ce schéma. Ni plus, ni moins.

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