La fin du produit politique Berlusconi
Robert Lavéran, correspondant de La Tribune à Rome
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L'après-Silvio Berlusconi a débuté. Dix-sept ans après l'entrée en scène de l'homme d'affaires, le Cavaliere est encore au pouvoir mais le sol s'est dérobé sous ses pieds. Dans la précipitation, le président du Conseil tente de rafistoler sa coalition et de s'assurer par tous les moyens une majorité à la Chambre des députés jusqu'à la fin normale de la législature, en 2013. Mais de toute évidence, à la suite des référendums des 12 et 13 juin, sur la reprise du nucléaire, la privatisation de l'eau ou l'immunité judiciaire des membres du gouvernement, le verdict est sans appel. Silvio Berlusconi n'est plus en phase avec le pays.
Le grand communicateur ne se fait plus entendre par ses concitoyens. Il ne parvient plus à interpréter les aspirations de l'électorat et à incarner le changement, la rupture et la promesse d'une modernisation de la péninsule qui avaient forgé son succès. A 74 ans, empêtré dans les scandales de corruption mais aussi sexuels, avec le procès dit "Rubygate" pour lequel il est soupçonné de "prostitution de mineure", Silvio Berlusconi a atteint son plus bas niveau de popularité (seuls 29% des Italiens lui font confiance) et pour reprendre l'expression de ses alliés de la Ligue du Nord, il subit "claque après claque".
Début juin, le résultat des élections municipales partielles à Naples et Milan avait déjà marqué le divorce entre le pays et son chef de gouvernement. Silvio Berlusconi avait notamment perdu sans appel le contrôle de la capitale économique de la péninsule qui était aussi son fief électoral.
Au cours des référendums, et alors qu'il avait invité ses concitoyens à déserter les urnes, 57% des Italiens se sont rendus dans les bureaux de vote. Les trois questions soumises à référendums ont été approuvées à près de 95%. "La majorité absolue des inscrits confirme l'existence d'un large secteur qui se prononce contre l'exécutif ", a analysé le politologue Renato Mannheimer qui précise : "Il s'agit d'un phénomène qui ne concerne pas seulement les électeurs du centre gauche mais qui est arrivé à toucher des segments significatifs de l'électorat actuel des partis de gouvernement." Un électeur de la Ligue du Nord sur deux a, par exemple, participé à la consultation.
Robert Lavéran, correspondant de La Tribune à Rome
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