Jyrki Katainen, l'homme qui valait 300 milliards

Florence Autret

Florence Autret
Ses douze mois de tournée auront permis d'accélérer le déboursement des garanties publiques gérées par la BEI - 12 milliards d'euros engagés, sur les 22 du FEIS - et la promesse de 100 milliards d'investissement. Il en est revenu avec la conviction que « les aspects humains sont cruciaux » pour faire en sorte que le plan fonctionne sur le terrain. Et un chiffre magique de « 100 milliards » d'investissement généré.
À la Cité régionale de l'environnement, à Pantin, où est installée l'équipe d'Énergies Posit'If, on confirme : le Plan Juncker a été « absolument fondamental » pour développer ce projet né en 2013 et qui vise la rénovation de 10.000 à 12.000 logements d'ici à 2020. Énergies Posit'If est une société d'économie mixte (SEM) qui compte pour actionnaires 14 collectivités franciliennes (dont la Région Île-de-France, la Ville de Paris et le Conseil départemental du Val-de-Marne) et deux établissements financiers. Elle fournit à la fois l'expertise technique pour concevoir le projet de rénovation et apporter les financements directement aux copropriétés, grâce au prêt de 100 millions d'euros de la BEI.
Quatre mille logements sont actuellement accompagnés par Énergies Posit'If dans leurs projets de rénovation. Mais l'essentiel n'est pas tant le nombre que l'exemple, précise-t-il.
À la rentrée, le vice-président Katainen devra retourner devant le parlement pour obtenir une nouvelle ponction sur le budget européen, destinée à assurer la pérennité du FEIS au-delà de 2018.
Ce Finlandais de 45 ans, ancien ministre des finances puis Premier ministre, a le débit posé, un peu lent de ses compatriotes quand ils s'expriment en anglais, et un côté terriblement « sachlich ».
Début juin, il a été passé au gril pendant quatre heures par des députés souvent critiques : le plan bénéficiait surtout aux économies les plus riches (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni), finançait trop peu de projets dans le Sud, pas assez dans l'environnement, fournissait une garantie publique là où elle n'aurait peut-être pas été nécessaire, etc.
Mais passer d'une culture de la subvention à celle du partage des risques entre secteurs public et privé prend du temps, notamment en Europe centrale et là où les structures publiques sont plus fragiles.
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« Le populisme a certainement un impact » sur l'investissement, explique celui qui a vu émerger dans son propre pays, alors qu'il était au pouvoir, le mouvement eurosceptique des Vrais Finlandais.
En attendant, il poursuit sa mission de VRP. Il lui reste deux ans pour engranger 200 milliards supplémentaires d'investissement.
Florence Autret