L'Europe sans plan

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Le Sénat américain a adopté, cette nuit, le plan Paulson. Il doit maintenant passer devant la Chambre des représentants. Nicolas Sarkozy aimerait que l'Europe ait, elle aussi, son tel plan. Pour l'instant, entre Européens, sur le sujet, c'est la zizanie, Erik Izraelewicz ?

Oui, zizanie, cacaphonie, chacun pour soi... C'est vrai, face à la crise financière, en Europe, jusqu'à présent, chaque pays joue son jeu. Partout, c'est le même problème : la crise d'origine américaine, menace de précipiter la faillite des banques locales les plus faibles. Depuis huit jours, le jeu de domino s'est d'ailleurs accéléré. Face à cette menace commune, les dirigeants européens n'ont qu'une obsession : rassurer les déposants, rassurer les épargnants. Le problème, c'est d'abord qu'ils ont pour cela, chacun, leur propre potion. C'est qu'ensuite, entre Européens, la coordination ne fonctionne pas vraiment bien.

Chacun a sa solution...

Oui, chacun croit avoir la solution. Pour schématiser, il y a deux approches extrêmes : l'Irlande et l'Allemagne.

L'Allemagne d'abord. Angela Merkel refuse tout plan général de garantie. Aux banques de se débrouiller, de payer le prix de leur faute. L'Etat fédéral allemand interviendra, peut-être, mais au cas par cas. Le laissez faire donc, au maximum avec les risques que cela comporte.

L'Irlande, c'est l'autre extrême ! Dublin va garantir tous les dépôts et toutes les dettes des six grosses banques du pays. Une garantie totale de l'Etat. Une garantie de 400 milliards d'euros - deux fois son Pib. Plus la peine de rembourser ses dettes, l'Etat, en Irlande, s'en occupe. Du délire !

Entre les deux, Nicolas Sarkozy propose un fonds de 300 milliards d'euros.

Oui, l'approche de la France, c'est de prendre le problème en amont : c'est de tout faire pour empêcher qu'une banque puisse faire faillite. C'est l'objectif de ce fonds qui sera proposé, samedi, aux Européens par la France.

Seulement voilà, l'Europe, ce n'est pas l'Amérique. Nicolas Sarkozy préside l'Union, il n'a pas pour autant les pouvoirs d'un Henry Paulson aux Etats-Unis. Il va discuter de son plan avec les autres chefs d'Etat européens. Pas sûr qu'il parvienne à les convaincre.

Il n'a pas ensuite à sa disposition les armes de Paulson - pas de vrai budget fédéral par exemple. Il veut 300 milliards ! 300 milliards, c'est l'équivalent du budget annuel de l'Etat français. Ca ne se trouve pas sous la botte d'un cheval, comme cela.

Les systèmes bancaires sont très différents d'un pays à l'autre.

Oui, c'est le dernier obstacle et non des moindres. Vouloir appliquer un même plan à tous les pays européens, c'est aujourd'hui quasi-impossible. L'Europe bancaire reste une mosaïque - chacun pays a ses règles, son organisation, sa police. Difficile d'imposer à tous un même plan ! Bref, cette crise révèle une nouvelle fois les défauts de notre Europe inachevée. Alors, voyons les choses du bon côté. Elle peut être aussi une opportunité pour en relancer la construction !

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