Or noir, politique

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L'Opep a décidé hier de réduire sa production de pétrole pour stopper la chute des prix. Les pays exportateurs ne veulent pas que le baril tombe sous les 100 dollars. C'est le réveil de l'Opep ?

Le réveil de l'Opep et le retour de la politique. Le pétrole, c'est le carburant de nos économies, c'est aussi et depuis longtemps une redoutable arme politique. On l'avait un peu oublié ces derniers temps où le pétrole était devenu le support d'une spéculation tous azimuts. Les spéculateurs, souvent américains, avaient portés le prix du baril à des niveaux stratosphériques, des niveaux qui arrangeaient bien les pays producteurs. Ceux-ci s'en sont mis plein les poches sans avoir à s'en occuper, à y travailler.

Eh bien, les Américains ont fini par comprendre, cet été, que le dollar bon marché, que le pétrole cher, ce n'était pas très bon pour eux - pour leur économie d'abord, pour leur influence politique dans le monde ensuite...

Oui, le pétrole cher, c'est bon pour des pays qui ne leur sont pas nécessairement sympathiques...

Un euphémisme... Le pétrole cher, c'est bon pour les ennemis de l'Amérique. Qui en effet a le plus profité, ces derniers mois, du baril à plus de 140 dollars ? Qui s'est enrichi ? Qui a accru son influence ?

C'est l'Iran, l'un de ces Etats voyous constamment dénoncés à Washington.

C'est le Vénézuéla, ce pays qui anime la révolte anti-yankee dans le continent sud-américain, qui nationalise sans vergogne les entreprises US, qui finance Cuba la rebelle.

C'est l'Arabie Saoudite, le premier producteur mondial, un allié qui, l'Amérique l'a découvert le 11 septembre 2001, il y a tout juste sept ans, n'est pas toujours aussi fiable que cela.

C'est aussi, c'est enfin la Russie, l'Empire qui, on le voit à ses frontières, défie l'Amérique, qui a fait renaître la guerre froide.

L'influence, la puissance politique de tous ces pays est directement proportionnelle à leur richesse. Le pétrole cher, c'est pour eux une arme redoutable contre l'Amérique. Les Etats-Unis l'ont bien compris. Ils n'ont pas décidé, comme cela, d'un coup de baguette magique, de provoquer la baisse des cours. Mais la chute actuelle les arrange bien. Ils ne feront rien contre !

Les pays producteurs en revanche s'en inquiètent...

Oui, ils ont bien compris eux aussi qu'un pétrole moins cher, c'était pour eux des revenus en moins, c'était surtout une perte d'influence. D'où ce réveil de l'Opep, ce vieux cartel des grands producteurs. L'Opep ne veut pas d'un effondrement du baril. Il fera tout, il l'a dit hier, pour empêcher que le prix du brut tombe sous les 100 dollars.

Il en a les moyens ?

Pas sûr. D'abord, l'Opep est divisée - la politique toujours. Il y a parmi ses 13 membres des faucons et des colombes, des anti et des pro-Américains. L'Opep ensuite ne représente plus qu'un tiers à peine de la production mondiale de pétrole. Avec l'arrivée de nouveaux producteurs, le Brésil par exemple, son influence sur le marché s'est réduite. Enfin, les pays consommateurs ont diversifié leurs ressources en énergie. Ils en sont moins dépendants. Bref, l'Opep ne fait plus, sur le marché pétrolier mondial, la pluie et le beau temps. Alors, au secours, l'Opep revient ! Non, il n'y a pas vraiment de quoi paniquer.

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