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Les business angels, financeurs indispensables de la création d'entreprises

Olivier de Galzain*

Publié le 30 novembre 2012 à 14:40

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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La semaine des business angels prend fin ce vendredi. L'occasion pour ces investisseurs de se faire connaître. Car si la polémique suscitée par le mouvement des Pigeons a beaucoup fait parler d'eux, leur rôle exact est encore trop peu connu par les créateurs d'entreprises selon Olivier de Galzain, membre de Paris Business Angels.

Les Porteurs de projets ou jeunes entrepreneurs n'ont souvent pas la culture Business Angels (BA), ne connaissant pas leur positionnement, voire leur existence. Ils pensent que ce type d'investissement leur est inaccessible ou qu'il n'est pas totalement adapté à leur problématique. Faute d'un financement adapté à leur projet, ils se contentent du « Love-money » (parents, amis ou de fous de l'entreprise) pour débuter et continuer leur activité et ratent souvent les opportunités de croissance que pourrait leur apporter leur concept innovant.

Combler le « trou de financement »

Les professionnels de l'investissement pour compte de tiers (Fonds, Banques privées ou publiques) ont une approche du risque des entreprises en création qui leur interdit le plus souvent de s'y intéresser. Et ce parce qu'ils ont la responsabilité de l'argent qui leur est confié et qu'ils doivent faire fructifier, sans vraiment d'alternative. Depuis toujours, des personnes physiques ont investi directement une part de leur patrimoine dans des entreprises pour combler le « trou de financement » à la création d'entreprise auquel le capital-risque ne peut s'intéresser faute de rentabilité immédiate.

Des mesures fiscales ont permis l'émergence des BA qui se sont le plus souvent regroupés autour d'une stratégie d'investissement d'amorçage, se situant entre le « love-money » et le « capital-risque », pour des sommes allant de 100 000? à 700 000?, dans des start-up innovantes, au sens de nouveau et pas toujours technologiques. C'est notamment le cas de Paris Business Angels (PBA) depuis 2004. En 2011, 687 dossiers ont été traités par PBA, 166 sociétés accompagnées, 40 sociétés présentées à l'investissement et 30 investies.

Le plus souvent issus du monde de l'entreprise, les BA, dont l'esprit d'entreprendre est bien ancré, ont pour vocation d'investir dans des entreprises non cotées, innovantes, apportant un vrai avantage concurrentiel et un fort potentiel de croissance. Ils adhérent à une éthique dont les valeurs se déclinent le plus souvent en engagement, accompagnement et partage. Ils mettent gratuitement leurs compétences, expériences, réseaux et temps à la disposition des entreprises en création, avec pour motivation la création de valeur.

Le but n'est pas de prendre le pouvoir dans l'entreprise

Il est à retenir qu'ils n'ont pas l'ambition de prendre le pouvoir dans l'entreprise, ils souhaitent être minoritaire pour laisser l'entrepreneur fondateur l'envie de mener à bien son projet, tout en l'accompagnant des conseils utiles. Ils ont pour objectif de rentrer au capital et d'en sortir entre 3 à 5 ans espérant un retour sur investissement le plus élevé possible, récompense du risque important pris.

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Ce qui est enthousiasmant dans le business-angel c'est l'univers culturel dans lequel cette activité évolue. Il est constitué de l'esprit d'entreprendre, principal moteur des BA, de la conviction et de l'énergie des entrepreneurs qui portent leur projet et qui savent fédérer autour de lui.

Cela change du climat morose de l'économie actuelle et des propos souvent dépressifs des commentateurs. Il faut d'ailleurs retenir que la période difficile que nous passons, qui va imposer des changements dans l'économie, ne ralentit pas le nombre de projets d'entreprise traités par les BA. Au contraire, le nombre de projets en 2012 est attendu en hausse. Par contre les incertitudes fiscales de la France vont indéniablement ralentir l'investissement.

De nouveaux modes de financement émergent

Pour les créateurs d'entreprise, le financement de leur projet doit bien cibler les partenaires à contacter, ce qui peut être long et souvent tarir leur enthousiasme car il y a peu de BA en France (environ 4500). Mais de nouveaux modes d'investissement se font jour. Le crowdfunding, en français « financement pas la foule », émerge en France. Ce n'est pas magique, il ne suffit pas de mettre son projet sur le Net et d'attendre l'investisseur éventuel. Il s'agit de plateforme sur le Net qui organise la visibilité des projets pour faire appel à la foule des internautes pour les financer. Cela a permis de lever des sommes importantes aux USA pour les TPE et PME. En France, la réglementation limite le nombre d'investisseur par projet et donc le crowdfunding est assimilé à du Business Angels. Le financement par la foule des entreprises n'est pas encore pleinement d'actualité, mais débute.

Faire profiter de son expérience

Après une expérience professionnelle en grande partie réalisée au sein de grands Groupes, la création de mon entreprise me paraissait comme une évidence pour mon indépendance et ma réalisation personnelle. Je suis donc passé à l'acte en 2004 dans le financement d'entreprise à fort levier et malgré les difficultés rencontrées, je pense avoir fait le bon choix. Evidemment, je ne pensais pas rencontrer la crise financière et économique qui nous plonge dans le désarroi depuis 2008. Mais, j'ai pu en toute indépendance orienter mon activité personnelle et découvrir d'autres mondes... dont les Business Angels.

L'évidence économique dans le monde de l'entreprise est la compétition du marché et la course au leadership. Dans ce contexte et pour que la dynamique entrepreneuriale du leadership ne se tarisse pas par la mise en échec des créateurs d'entreprises, il paraît nécessaire de faire profiter de son expérience, de ses compétences et de son carnet d'adresses à des entrepreneurs qui ont l'énergie et l'enthousiasme de prendre des risques en innovant, créant des emplois et de la richesse. J'aurais été content d'en rencontrer de mon temps.

*Olivier de Galzain est membre de Paris Business Angels, entrepreneur et investisseur, et président fondateur d'Axis Plus

Olivier de Galzain*

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