"Pourquoi Roux de Bézieux incarne le Medef de demain"

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Guillaume Poitrinal & Michel Combes (c) Reuters
Guillaume Poitrinal & Michel Combes (c) Reuters
Alors que beaucoup de fédérations ont pris position en faveur de Pierre Gattaz pour succéder à Laurence Parisot à la tête du Medef, le 3 juillet prochain, deux patrons, Guillaume Poitrinal (ex-Président d'Unibail) et Michel Combes (CEO Alcatel-Lucent), affichent leur soutien à Geoffroy Roux de Bézieux, qu'ils jugent « mieux à même de faire bouger les lignes ».

Ne nous y trompons pas : la France joue en ce moment sa survie dans le monde des puissances économiques. Des mesures qui seront prises dans les semaines qui viennent dépend le maintien de notre pays parmi les nations qui comptent. Deux maladies rongent la France : la dette et le chômage. Mais si on devait risquer un diagnostic la France risque de mourir de son chômage avant de mourir de sa dette.

Depuis trois décennies, des politiques inadéquates condamnent les jeunes à la précarité et organisent le chômage de longue durée. Pendant le même temps, la fiscalité sur les entreprises augmente. Les chefs d'entreprises sont vilipendés. Le succès entrepreneurial est suspect. L'accumulation des strates administratives et la multiplication des normes ralentissent dramatiquement l'action publique ou privée.

Une décision cruciale
On ne peut plus esquiver la réalité : ce sont les entreprises qui créent de l'emploi. Le temps est venu de leur faire confiance. Il y a urgence. C'est pourquoi les résultats de l'élection à la présidence du Medef sont si importants. On peut bien sûr critiquer cette organisation, elle n'est pas sans défauts. Mais elle tient une place unique dans le dispositif français. Bien gouvernée, efficace, elle peut entraîner les grands changements dont nous avons besoin. Le choix de son prochain président déterminera notre capacité à moderniser au plus vite le rapport entre les décideurs publics et nos entreprises.

Ce président devra faire entendre sa voix avec force. Il devra mener l'offensive contre tous les conservatismes politiques qui, depuis 30 ans, défavorisent l'initiative. Il devra tout faire pour réconcilier l'entreprise avec l'école, pour que nos jeunes soient formés à répondre aux besoins réels des entreprises. Il devra soutenir avec vigueur l'inévitable réforme sociale et les ajustements douloureux qu'elle emportera.

L'heure de la pédagogie
Mais ce président devra aussi savoir pratiquer la main tendue. Ce n'est pas en mettant le dialogue social à feu et à sang qu'il facilitera les bonnes solutions. L'heure est à la fermeté, pas à la radicalisation, l'heure est aux convictions pas aux idéologies. Et l'heure est surtout à la pédagogie. La pédagogie de l'entreprise et de ses réalités, la pédagogie de l'économie et de ses fondamentaux. La pédagogie à grande échelle, pas seulement celle des ministères, des éditorialistes, et des cercles de réflexion, mais plus largement celle des salariés, des jeunes et de l'ensemble de nos concitoyens. Ceux-ci n'en peuvent plus des mots abscons qui tournent en rond dans le débat public : compétitivité, flexibilité, libéralisme...

 La vérité, c'est qu'au c?ur de tous ces débats, une seule préoccupation d'intérêt supérieur prévaut. Une seule peut rallier le peuple de France à la cause de l'entreprise : l'emploi. Pour cela, le futur président du Medef devra s'affranchir des pesanteurs et des consensus français qui mènent tous à l'inaction. Il nous faut un Medef qui agit et qui peut enfin convaincre le plus grand nombre. Un Medef capable d'insuffler à la France une culture de la rationalité et du résultat.

 Le Medef de demain, s'il sait mesurer l'impact des politiques publiques, pourra enfin démontrer ce que tel prélèvement nouveau ou telle norme confuse créent de chômage et de précarité.

 Pas d'hésitation possible
Notre conviction, c'est que Geoffroy Roux de Bézieux peut être ce président du Medef qui contribuera à faire bouger les lignes. Il ne s'agit pas, naturellement, de porter un quelconque jugement sur les autres candidats. Simplement, si l'on est convaincu que le prochain président du Medef doit être un homme qui se bat depuis longtemps aux côtés des entreprises ; si l'on veut pour le Medef, un homme qui a su démarrer seul et développer des entreprises créant des milliers d'emplois ; si l'on comprend combien la maîtrise des rouages du dialogue social est cruciale...

Alors, il n'y a pas d'hésitation possible. L'homme a déjà démontré son éthique, sa force de conviction, ses talents de communication et son indépendance d'esprit. Il connaît de l'intérieur l'écosystème des PME, aussi bien que le CAC 40 en France comme à l'étranger. Geoffroy Roux de Bézieux partage ce goût du risque mesuré, de l'innovation et de la liberté. C'est aussi le nôtre, c'est aussi celui de tous les entrepreneurs. Nous croyons, avec lui, que la manière la plus efficace de servir notre pays, c'est de soutenir et de libérer le développement de toutes nos entreprises. Une irrépressible envie d'aller de l'avant pour mener les réformes nécessaires, doublée d'une profonde culture de la concertation sociale et de la capacité de convaincre les français que c'est par l'entreprise que l'on apportera des réponses aux problèmes de l'emploi .

Ce sont, pour nous, les trois convictions que doit porter le Président du Medef de demain.

 

*Guillaume Poitrinal a quitté la direction d'Unibail en janvier dernier. Michel Combes est directeur général d'Alcatel Lucent.
 

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Commentaires
a écrit le 05/06/2013 à 21:24 :
" Il devra soutenir avec vigueur l'inévitable réforme sociale et les ajustements douloureux qu'elle emportera."

Voilà en effet un programme qui devrait nous réconcilier avec le "monde" de l'entreprise....
a écrit le 29/05/2013 à 22:38 :
Sauf votre respect, les français non patrons, les plus nombreux, se contrefichent des états d'âme d'un lobby de prédateurs qui se la joue sur leur dos leurs fantasmes stériles de puissance. ;)
Quant aux petits patrons maltraités par les gros, ils n'en ont rien à foutre non plus.
La compétitivité si sacrée, c'est fini parce qu'on en a marre et on lève tous le pied en sous marin ;) COMPRENDO ?
Réponse de le 03/06/2013 à 18:41 :
Les Français auraient tort de se désintéresser de cette élection. Elle est capitale, autant que peut l'être l'élection d'un dirigeant de confédération syndicale. Il en va de la qualité du dialogue social, de la recherche des compromis susceptibles de dynamiser le pays .

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