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Changement climatique: il faut d'abord investir dans la recherche!

Photo de Ivan Best

Bjorn Lomborg

Publié le 12 novembre 2013 à 08:44 - Mis à jour le 12 novembre 2013 à 09:44

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Nous dépensons des milliards pour produire une énergie renouvelable très coûteuse. Mieux vaudrait investir massivement dans la recherche pour rendre ces énergies alternatives enfin sûres et rentables. Par Bjorn Lomborg, directeur du Copenhagen Consensus Center

Il semblerait que l'espoir d'une avancée dans les discussions sur le changement climatique subsiste malgré tout. Du moins si l'on se réfère à l'adage cité par le ministre polonais de l'environnement dans son allocution sur le sommet qui vient de s'ouvrir à Varsovie : « Quand on veut, on peut ! » Mais en dépit d'un tel optimisme, un accord global similaire à celui du protocole de Kyoto est peu probable

Investir plutôt dans la recherche et le développement

Et l'on peut d'ores et déjà citer une option qui ne sera guère discutée ces jours-ci : celle qui consisterait à investir plus massivement, mais à un moindre coût, dans la recherche et le développement de nouvelles énergies renouvelables, au lieu de continuer à déverser des sommes astronomiques sur des solutions qui se sont avérées inefficaces. Actuellement, nous dépensons un milliard de dollars par jour sur les énergies renouvelables - 359 milliards de dollars en 2013. Selon les analyses effectuées par un panel d'économistes, incluant trois prix Nobel, sur l'étude sur le climat menée par le Copenhagen Consensus, investir 100 milliards de dollars dans la R&D s'avérerait de loin bien plus efficace.

L'impossible consensus

Malheureusement, ce ne sera pas le cas,  dans la mesure où la conférence de Varsovie, et plusieurs autres sommets sur le climat, restent profondément ancrés sur la réalisation d'un consensus mondial sur la réduction des émissions de CO2. Ce fut l'essence même du protocole de Kyoto, adopté en 1997 mais très peu respecté. La plupart des plus grands émetteurs de CO2 ne se sont pas fixé de limites (Chine et Inde), ont abandonné (Etats-Unis), ou n'ont pas tenu leurs engagements (Canada). Bien que le vice-président Al Gore ait signé l'accord de Kyoto en 1997, et malgré la déclaration de Bill Clinton affirmant que « les Etats-Unis sont parvenus à un accord historique avec les autres nations du monde pour mener des actions sans précédent visant à résoudre le réchauffement climatique », cette convention a été enterrée par le Sénat américain qui l'a rejetée à l'unanimité.

L'échec de Durban

Ce manque de volonté politique reste de mise. Suite à la conférence de Durban en 2012 et à l'annonce d'un accord juridiquement contraignant sur la réduction des émissions de carbone, le ministre indien de l'environnement, Shrimati Jayanthi Natarajan a déclaré que l'Inde ne pouvait pas signer un tel accord à son stade actuel de développement. Suite à cette conférence également, le Canada s'est retiré du protocole de Kyoto. La Russie et le Japon ont par ailleurs refusé l'extension des objectifs de ce traité. Cela étant, l'application globale de ce protocole n'aurait réduit la température globale de la planète que de 0.004°C vers la fin de ce siècle et ce, malgré un coût annuel de 200 milliards de dollars.

Des efforts importants, pour un une réduction dérisoire de la température

Seuls l'Union Européenne et quelques autres pays restent enclins à dépenser beaucoup pour si peu de résultats : l'UE s'est engagée à réduire ses émissions de carbone de 20% d'ici 2020. Calculé par rapport à la moyenne de tous modèles économiques en énergie, cet engagement coûte 250 milliards de dollars par an, soit un coût total de 20 000 milliards de dollars à la fin de ce siècle pour une réduction dérisoire de l'augmentation de la température, de 0.05°C.

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Les Chinois vont réduire leur "intensité carbone"

Nous aurons certainement droit à de grands titres sur les promesses, les engagements et les objectifs qui ressortiront de ce sommet de Varsovie. Il ne faut cependant pas oublier les leçons du passé. Au sommet de Copenhague en 2009, le Japon s'est engagé à réduire ses émissions de CO2 de 25% d'ici 2020. Ce qui était impossible à réaliser - de fait, ils ont fait machine arrière. Juste avant ce sommet, la Chine a promis de réduire son intensité en carbone (la quantité de carbone émise pour chaque dollar de PIB) à 40-45% de son niveau en 2005 sur les 10 prochaines années.

Cela peut paraître héroïque, néanmoins les chiffres énoncés par l'Agence Internationale de l'énergie montrent que cette réduction était déjà prévisible sans impliquer de nouvelles politiques : du fait de la rapidité de sa croissance économique, la Chine va inévitablement passer à des activités industrielles moins fortes en intensité de carbone.

Historiquement, des énergies renouvelables de moins en moins utilisées

Un regard à travers l'histoire nous rappelle que la civilisation humaine a tenté de s'éloigner des énergies renouvelables. En 1800, le monde tirait son énergie à 94% des ressources renouvelables, essentiellement le bois et l'énergie éolienne. Ce taux s'élève aujourd'hui à 13%. Actuellement, l'utilisation des énergies dites renouvelables (EnR) se rapporte majoritairement à l'usage du bois et des déchets par les populations pauvres : l'Afrique tire son énergie à 50% de ces types de ressource. Par contre, la Chine étant devenue plus prospère, son exploitation des EnR s'est réduite de 40% en 1971 à 11% aujourd'hui.

Des énergies renouvelables coûteuses et moins fiables

Les pays riches, pendant ce temps, installent des éoliennes et des panneaux solaires qui certes, émettent moins de CO2 mais demeurent coûteux et intermittents. Pour exemple, l'Espagne consacre environ 1% de son PIB à la subvention des énergies renouvelables - plus que dans l'enseignement supérieur. Un modèle qui est loin d'être durable, et que peu de pays voudront imiter. Nous ne pouvons pas espérer faire ratifier un traité qui force les populations à se tourner massivement vers des sources d'énergies plus onéreuses et moins fiables.

Changer d'approche

Malgré tous ces sommets et tous ces milliards de dollars investis dans des solutions écologiques peu efficaces, les émissions de carbone ont augmenté de 57% depuis 1990. Nous devons de ce fait considérer une approche différente au lieu de miser continuellement sur le mauvais cheval. Des études économiques ont démontré qu'il serait bien plus censé de nous focaliser sur l'innovation des technologies vertes. Cela réduirait le coût des futures générations de technologies éoliennes et solaires, ainsi que d'autres alternatives.

Obtenir une énergie verte moins chère

Le fait est que si l'énergie verte pouvait revenir moins que chère que l'énergie fossile, tout le monde se tournerait vers cette option, et pas seulement un nombre limité d'occidentaux bien intentionnés. Et il n'y aurait plus lieu de s'accorder sur un autre sommet sur le changement climatique qui n'aboutira finalement sur rien de concret.

Bjørn Lomborg est le directeur du Copenhagen Consensus Center et professeur adjoint au Copenhagen Business School. Son dernier livre s'intitule : How Much Have Global Problems Cost the World? A Scorecard from 1900 to 2050.

Bjorn Lomborg

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