Echec de Hollande sur la courbe du chômage, et après ?

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Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de Xerfi / DR
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, l'échec sur le chômage, et après ?

Echec sur le chômage ! Pari perdu ! La caisse de résonance médiatique et la dictature de dernier chiffre ont encore fait leur œuvre face à un gouvernement qui avait tendu le bâton pour se faire battre. Au-delà du « pile ou face » statistique joué par le chef de l'État, revenons plus posément sur les tendances de fond et les chances véritables d'inverser la courbe.

Finalement, la légère augmentation des chômeurs de catégorie « A », en décembre, a au moins un avantage, du strict point de vue statistique. Elle est conforme à la vraie tendance. Elle nous épargne le triomphalisme excessif autour d'un point mensuel qui, même s'il avait été en légère baisse, aurait voilé la dynamique de fond.

Car ni la baisse, ni même la stabilisation ne sont encore là. Le constat d'une nette inflexion depuis mai 2013 est en revanche indéniable. La vérité est qu'une très légère dérive haussière demeure, mais qui n'a plus rien à voir avec ce que l'on pouvait observer avant avril : depuis avril le chômage progresse au rythme annuel de 1,8% (60.000 par an), soit 7 fois moins vite que lors des 12 mois qui ont précédé. Compte tenu de l'arrière-plan de croissance très molle que traverse l'économie française, le résultat peut être salué.

L'absence de stabilisation provient d'abord du fait que l'économie française continue à détruire des emplois

Même si le rythme de destruction ralentit graduellement, il demeure soutenu. Au premier trimestre 2013, le secteur privé détruisait de l'emploi hors intérim au rythme de 35.000 par trimestre, puis de 25.000 au second trimestre et enfin de 16.000 au troisième, soit de 60-65.000 par an. Ce flux continu de destruction d'emplois permanents est particulièrement intense dans l'industrie où le processus de restructuration et de restauration de la productivité n'est pas achevé.

Or, le redressement de l'emploi intérimaire est à ce stade insuffisant pour stabiliser l'emploi marchand. En hausse depuis juin, son rythme est encore insuffisant pour compenser les tendances de l'emploi permanent (1.400 emplois mensuels de juin à octobre). Les premières estimations de novembre laissent entrevoir une nette accélération (+12.250 sur un mois), mais qui demande encore confirmation.

C'est sur cette base que le gouvernement cherche à inverser la courbe du chômage avec un temps d'avance sur ce que produiraient les tendances spontanées de l'économie

L'équation est simple : pour inverser la courbe du chômage à ce stade, cela signifie en substance de créer des emplois aidés au rythme de 5.000 par mois, ou plus. Et c'est bien le retard à l'allumage des emplois aidés qui constitue dans le contexte actuel, la principale cause du ratage gouvernemental.

Fin novembre, la DARES estimait à 65.300 les emplois d'avenir. Assez loin des 100.000 visés pour décembre. Mais d'autres gros bataillons d'emplois aidés comme le CIVIS (contrat d'insertion dans la vie sociale) sont passés sous silence. Idem pour les contrats en alternance, dont on sait que les entrées ont baissé de 33.000 sur un an. La communication sur les seuls emplois d'avenir fait illusion, car dans sa globalité l'emploi aidé n'a probablement pas ou a peu augmenté.

Ce retard à l'allumage de l'emploi aidé, peut réserver quelques bonnes surprises sur le chômage début 2014. La conjonction d'une reprise de l'intérim, d'une concentration du tir de l'emploi aidé sur le tournant 2013-2014 et d'un ralentissement graduel des destructions d'emplois permanents pourrait produire un bel affichage. Mais pas une tendance. Car attention, les cartouches de l'emploi aidé sont limitées.

Pérenniser le mouvement nécessitera plus de croissance. Le pari est bien là.


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Commentaires
a écrit le 13/02/2014 à 8:37 :
Quand les billets de banque seront plaqués-or, alors je croirai que l'économie va mieux.
Toujours plus de dettes, et donc plus d'impôts, pour relancer l'économie en quasi stagnation, où va-t-on comme ça ?
a écrit le 13/02/2014 à 7:41 :
Si amélioration il faut espérer de cette foutue courbe, c'est du côté des départs à la retraite, mais certainement pas du côté des créations d'emploi ; la production industrielle cligne des yeux, il y a du stock, il y a surreffectif, la demande est atone... Les prévisions Zone Euro restent pessimistes. Il n'a que les cyniques pour y trouver leur compte. Donc, rendez-vous dans les urnes prochainement et surtout pas avec un vote blanc !!!
a écrit le 13/02/2014 à 1:47 :
La dictature du chiffre? Vous la connaissez la dictature du chiffre de votre solde bancaire quand arrivé le 20 du mois il faut choisir entre mettre de l'essence ou se soigner? Quelle morgue de tenir de tels propos. Vous êtes pire que la caricature du libéral mangeur de petits enfants que vous dites abhorrer. Les libéraux (pas ceux de vos faux lexiques) ont au moins le courage, eux, de mettre leur responsabilité en face de leurs engagements.
a écrit le 12/02/2014 à 19:16 :
Que de" témoignagnages " évoquant , illustrant encore et toujours un pathos , omniprésent , dégoulinant et verbeux...tout cela est pathétique. Le degré Zéro de la pertinence est atteint.
Réponse de le 13/02/2014 à 16:34 :
Il suffit et il suffit seulement d'aller chercher la croissance avec les dents.
Moi , j'ai dit de le faire avec des pelles.
On ne m'a pas écouté.
En voici le résultat.
a écrit le 12/02/2014 à 15:02 :
Une analyse encore extrêmement complaisante. Comment peut-on envisager les emplois aidés comme une solution à notre problématique de chômage quand l'Etat est presque endetté à 100 % ? Non le problème de la France n'est pas lié au "retard à l'allumage des emplois aidés". Il est lié à l'incurie économique de nos dirigeants, à la surreprésentations de l'emploi public et à la faible liberté économique qui règne dans ce pays.
a écrit le 12/02/2014 à 12:25 :
On nous demande d'accepter le "moindre mal" des emplois aidés qui se sont en fait que des manoeuvre pour fausser un résultat! Pratique quand on veut gagnés du temps avec l'argent du contribuable! Faudrait il encourager l'immigration a s'enregistrer à Pôle Emploi?
a écrit le 12/02/2014 à 12:07 :
un taux de croissance de 0 à 1 % assorti à un taux à 10 ans à 2.50 % entraîne mécaniquement une augmentation de la dette : 96...100 % du PIB
Sans aucun doute possible !
Réponse de le 12/02/2014 à 12:19 :
Non car la croissance est sur 1 an et le taux à 10 ans et qu'entre temps des mesures fiscales et de réduction de dépenses sont prises.
Réponse de le 12/02/2014 à 12:58 :
@Correctif: "... et qu'entre temps des mesures fiscales et de réduction de dépenses sont prises." Et si ma tante en avait deux ... Excusez-moi d'être vulgaire mais c'est touit ce que mérite votre commentaire.
Réponse de le 12/02/2014 à 22:34 :
@correctif... les taux d'intérêt sont des taux ANNUELS, pas décennaux... pitié, ne vous lancez pas dans la politique, vous finiriez ministre socialiste de l'économie !!!
a écrit le 12/02/2014 à 11:55 :
Quel revirement de situation ? Quelle évolution ? La France va aller tout droit dans le mur (si ce n'est déjà fait), les investisseurs étrangers nous évitent au maximum, 86% des embauches ne sont que des CDD, les diplômés envisagent de plus en plus une expatriation définitive, et ce gouvernement essaye de nous faire croire que tout va bien dans le meilleur des mondes !! Hollande c'est le commandant du Titanic et Moscovici le chef d'orchestre du navire !
Réponse de le 12/02/2014 à 12:08 :
Mais oui c'est la fin du monde, faut voter Le Pen ou Copé sinon tout va exploser... c'est çà le message ? Apprenez un minimum d'économie avant de délirer.
Réponse de le 12/02/2014 à 12:28 :
ou charlot plutôt, allez grand génie, vous qui êtes un grand économiste puisque de gauche, expliquez nous ce que va faire le géniallissime hollande pour redresser le pays et qu’apparemment il n'a pas encore été fichu de faire.

Allez charlot, il faut quand même qu'on vous dise:

La gauche n'est plus dans l'opposition, elle est au pouvoir maintenant, c'est elle qui dirige, le bon vieux temps ou vous pouviez invectiver et ironiser est passé, maintenant il faut argumenter, démontrer, prouver.

En êtes vous seulement capable?
Réponse de le 12/02/2014 à 12:45 :
seul un pouvoir total peut nous sauver, nous payons tres chers d'avoir chasse l'occupant a une certaine periode
Réponse de le 12/02/2014 à 17:39 :
Les diplômés envisagent de plus en plus une expatriation définitive . Bien sûr on les attend avec des propositions époustouflantes , on parle dans certains pays de salaires allant jusqu'à 10 000 Euros/ mois d'un logement gratuit et d'impôts très réduits, alors pourquoi rester en France?
a écrit le 12/02/2014 à 11:16 :
L'essentiel et que la situation s'améliore progressivement, ce qui est le cas, le reste est perte de temps et vent médiatique inutile.
Réponse de le 12/02/2014 à 17:14 :
voir les dernier chiffres de la production industrielle et les derniers chiffres du chômage.
NON la situation ne s’améliore pas et comme nous continuons à nous endetter, elle se dégrade !
Réponse de le 12/02/2014 à 22:46 :
@realiste : la courbe du chômage inversé, même le gouvernement n'ose plus le dire !!
a écrit le 12/02/2014 à 11:07 :
Compte tenu du maquillage des chiffres avec les contrats aidés boostés (voire imposés à certaines entreprises dépendantes des pouvoirs publics), il ne reste à Hollande qu'à comprendre qu'on attire pas les abeilles avec du vinaigre, pas plus qu'on incite les employeurs a embaucher avec des taxes et des contraintes supplémentaires: en école primaire on aurait compris depuis longtemps !!
Réponse de le 12/02/2014 à 11:17 :
Blablabla encore un monsieur le génie qui sait tout mais ne fiche rien.
Réponse de le 12/02/2014 à 11:58 :
Les PME n'en peuvent plus de crouler sous des tonnes et des tonnes de taxes à la c**, tu l'as pas encore compris ça ? Mais non, pour toi alléger la fiscalité ça veut dire faire des cadeaux à ces salauds de patrons (même si l'entreprise ne compte que 5 personnes) au lieu de laisser nos entreprises et PME respirer !
Réponse de le 12/02/2014 à 12:15 :
Et qui va payer quelques 2000 milliards de dettes ? Les particuliers paient la plus grosse part. Pour alléger la fiscalité il faut déjà pouvoir. Et toutes les entreprises ne croûlent pas, seulement généralement les moins adaptées, comme dans chaque crise. Et combien d'entre-elles fraudent à la tva, emploient au noir, sont mal gérées, pas innovantes, ont des mauvais produits etc etc Un peu de réalisme et d'objectivité.
Réponse de le 12/02/2014 à 12:15 :
Et qui va payer quelques 2000 milliards de dettes ? Les particuliers paient la plus grosse part. Pour alléger la fiscalité il faut déjà pouvoir. Et toutes les entreprises ne croûlent pas, seulement généralement les moins adaptées, comme dans chaque crise. Et combien d'entre-elles fraudent à la tva, emploient au noir, sont mal gérées, pas innovantes, ont des mauvais produits etc etc Un peu de réalisme et d'objectivité.
Réponse de le 12/02/2014 à 12:15 :
Et qui va payer quelques 2000 milliards de dettes ? Les particuliers paient la plus grosse part. Pour alléger la fiscalité il faut déjà pouvoir. Et toutes les entreprises ne croûlent pas, seulement généralement les moins adaptées, comme dans chaque crise. Et combien d'entre-elles fraudent à la tva, emploient au noir, sont mal gérées, pas innovantes, ont des mauvais produits etc etc Un peu de réalisme et d'objectivité.
Réponse de le 12/02/2014 à 15:32 :
Et certains feraient mieux de comprendre que les taxes et impôts payés par les entreprises sont facturés aux clients qui en sont général des particuliers français ... Globalement, une taxe ou un impôt quel qu'il soit est payé par le consommateur et même plusieurs fois, car le coût payé comprend les frais de gestion de ces impôts et taxes. Vouloir opposer/différencier les impôts des entreprises et particuliers est donc juste absurde puisque dans les deux cas, c'est l'état qui vit sur le dos du créateur de richesse : le travailleur.
Réponse de le 12/02/2014 à 22:44 :
@ras le bol... : bien sur, les entreprises en difficulté le sont parce que mal géré.. et les chômeurs ?? C'est parce qu'ils ont mal géré leur plan de carrière ?? Vous êtes vraiment un de ces types qui savent tout mieux que tout le monde et qui n'ont jamais créé le moindre emploi : seriez vous un député de la majorité ???
a écrit le 12/02/2014 à 10:48 :
Après l'échec sur le chômage ce sera l'échec sur l'industrie, l'échec sur la construction de nouveaux logements, l'échec sur l'exportation, l'échec sur la pause fiscale, l'échec sur la consommation, l'échec sur le niveau de vie, l'échec sur le déficit de la sécurité sociale, l'échec sur les réformes structurelles, mais la réussite communiste, autrement dit la ruine. Avec des incompétents idéologues on ne peut pas redresser un pays.
Réponse de le 12/02/2014 à 11:18 :
Bien sûr ce sera la fin du monde et puis quoi encore. Arrêtez un peu de délirer vous êtes ridicule et n'apportez rien.
a écrit le 12/02/2014 à 10:30 :
Comment connaître les véritables chiffres du chômage quand ceux-ci sont tellement repris et corrigés pour leurs faire dire ce que l'on veut qu'ils disent ? F. Hollande n'est qu'un politicard qui n'a jamais rien fait d'autre que "grenouillé" en politique pour arriver à la place du président, le problème est que pour gérer un pays il faut être compétent.
Réponse de le 12/02/2014 à 10:53 :
Méthodologie et techniques non opératoires ni efficaces et précises.
Je travaille aux USA et les techniques et outils disponibles pour prévoir N'IMPORTE QUOI sont TRES précises.
Ce qui revient à dire que vous payez des experts à prix d'or pour ne pas SAVOIR.
Inconpétence...ça vous parle ???
a écrit le 12/02/2014 à 10:02 :
échec total ......... sauf pour les plus impôts .... pour garantir les privilèges de sa clique

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