CICE : divergences patronales et intérêt national

Olivier Passet, Xerfi

Olivier Passet, Xerfi
Le CICE sera certainement maintenu tel quel. Et assez curieusement, le MEDEF, pourtant grand pourfendeur de la complexité fiscale française, semble se rallier à ce statut quo. Un statu quo qui maintient les allègements Fillon et le CICE en l'état. Quitte à y greffer un troisième dispositif pour atteindre les 30 milliards. Quitte à renoncer à une suppression générale des cotisations familiales, proposée par François Hollande en début d'année.
Tout cela au nom d'un certain réalisme car détricoter les allègements Fillon et le CICE est compliqué.
Pour l'Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie, l'UIMM, emblématique des industries lourdes, confrontées à une concurrence âpre, il est clair que la préférence va à tout dispositif qui étendrait ses effets sur les plus qualifiés. Idem pour l'Association française des entreprises privées, l'AFEP qui représente les grands groupes.
Pour d'autres raisons, les artisans, sont aussi de cet avis. Ils ne profitent pas actuellement du CICE lorsqu'ils n'ont pas de salarié. D'où leur préférence pour une baisse des cotisations familiales à laquelle ils seraient éligibles. A l'inverse, le grand commerce, la construction, l'hôtellerie ou la restauration sont les gagnants du profilage actuel…
Leur intérêt est de maintenir le statuvquo et de pousser les politiques de soutien à l'emploi plus que celles de soutien de la compétitivité.
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A la stratification des solutions. Le maintien des allègements Fillon et du CICE pour les secteurs intenses en main d'œuvre peu qualifiée. Et la suppression partielle des cotisations familiales pour les 10 milliards restant promis par François Hollande.
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Cette baisse résiduelle fera automatiquement davantage d'heureux du côté des secteurs intenses en travail qualifié. Chaque fédération y trouve ainsi son compte.
Ainsi vogue le navire fiscal français. Par conjugaison des intérêts particuliers. Même si c'est au prix de la simplicité et de l'intérêt général.
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Olivier Passet, Xerfi
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