40 années de déficit public en France

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, retour sur 40 années de déficit public en France

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Voici un petit précis de l'histoire des finances publiques de la France depuis 50 ans. Des finances publiques globalement équilibrées jusqu'au milieu des années 70. Il faut bien regarder ces points car une telle situation ne se renouvellera pas les 45 années suivantes !

C'est en 1975 que la France accuse son premier déficit public. C'est le contrecoup du premier choc pétrolier, c'est aussi la première tentative de relance « dite Chirac ». Mais la forte dégradation des comptes extérieurs pousse rapidement à un changement de cap radical : Raymond Barre, en 3 plans de rigueur, redresse les finances publiques entre 1976 et 1978 mais se heurte en 1979 au 2ème choc pétrolier. Nouveau changement de cap et nouvelle tentative de relance keynésienne en 1981 : le gouvernement Mauroy rompt avec la logique de l'austérité. Mêmes causes et mêmes effets qu'en 1975 : le déficit se creuse. 1983 marque alors un nouveau tournant : celui de la rigueur. C'est la « désinflation compétitive » mais sans résultat apparent, vu la faiblesse de l'activité. La croissance repart ensuite et améliore marginalement les finances publiques de 1987 à 1990, sous les gouvernements Chirac et Rocard, sans pour autant les faire revenir à l'équilibre et camouflant même une dégradation structurelle du déficit. Après 1991, pour amortir la récession, les gouvernements Bérégovoy puis Balladur laissent filer le déficit qui casse alors le plancher des 6% du PIB en 1993. Il en représente encore plus de 5% en 1995.

S'ouvre alors le long épisode de consolidation, pour se conformer aux critères de Maastricht et se qualifier à l'euro. Grâce à l'accélération de la croissance à partir de 1997 et la baisse des taux d'intérêt réels, le gouvernement Jospin réussit à transformer l'essai : le déficit passe nettement en dessous de 3% du PIB en 1998 puis s'établit à 1,3% en 2000. Mais l'explosion de la bulle internet casse à nouveau la croissance et dégrade les comptes. La reprise qui suit ne permet pas de redresser la situation. La faute à une croissance qui ne retrouve pas la vigueur de la fin des années 80 ou de la fin des années 90. La faute aussi et surtout à la baisse ciblée de la fiscalité, non financée par des baisses de dépenses : la fameuse loi TEPA. Résultat, la France aborde le cataclysme de 2007-2008 avec un déficit qui flirte 3%, alors même que l'économie est en haut de cycle.

Avec la grande récession de 2008-2009, les interventions de soutien public font alors exploser les déficits en France comme ailleurs. Ils culminent à plus de 7% sous le gouvernement Fillon. Grâce à un nouvel épisode de consolidation et au léger souffle de croissance en 2011 et 2012 : le déficit public revient sous la barre des 5% sous le gouvernement Ayrault. Et début 2014, un nouveau virage est pris. Le redressement des comptes ne relève plus de l'impôt mais des économies de dépense. Un vœu pieu : l'amélioration du solde public est poussive au regard d'un alignement des planètes exceptionnellement favorable : taux d'intérêt au plus bas, baisse du prix du pétrole, dépréciation de l'euro. Le déficit est seulement ramené à 3,6% en 2016. Mais il passe rapidement sous la barre des 3% en 2017 pour la première fois depuis 10 ans. Cette baisse du déficit tient d'abord au rebond des recettes dans le sillage de la croissance, en forte hausse à 2,4%, et au faible étiage des taux d'intérêt à 10 ans, bloqués à moins de 1%. Sur sa lancée, le déficit est ramé à 2,5% en 2018, soit son plus bas niveau depuis 2006. La France sort par la même de la procédure pour déficit excessif ouverte contre elle par la Commission Européenne en 2009.

Mais c'est la rechute : croissance en berne, impacts de la transformation du CICE en baisse de charges, contrecoups des mesures d'urgence pour répondre au mouvement des « gilets jaunes », tout se conjugue pour que la barre des 3% soit de nouveau dépassée en 2019. La France n'est pas un cas unique en Europe. Le déficit public de la zone euro depuis 1991, est également continuellement dans le rouge. Mais là où la France se distingue c'est que depuis 2002 elle fait régulièrement moins bien et que l'écart se creuse vis-à-vis de ses partenaires. Le déficit public n'est pas une spécificité française. C'est son ampleur qui détonne.

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Commentaires
a écrit le 20/11/2019 à 9:28 :
Si je ne peux pas me passer du trollage d'hercule vous virez mon commentaire de base vous ne l'instrumentalisez pas.
a écrit le 13/11/2019 à 10:50 :
Macron aurait pu être celui qui revient dans le positif. C'est raté encore une fois. Maintenant il prévoit de laisser filer les déficits. Des vrais dépensiers. Pourtant c'est comme pour une famille, on va finir à la rue quand on ne pourra plus rembourser. Autrement dit, avec déjà une situation sociale mauvaise avec des euros distribués, on va au chaos avec une faillite de l'état.
a écrit le 12/11/2019 à 13:42 :
Preuve est faite que la politique de MR MACRON toujours plus de deficit est mauvaise..

SI nous n' avions pas eu ce deficit depuis 40 ans nous aurions absorbe la crise de 2008 sans aucun probleme
Réponse de le 13/11/2019 à 9:45 :
Notre pays et même tous les pays ont toujours vécu avec des déficit. Les rois imposaient aux plus riche de lui prêté et leur coupait la tête lorsque la dette était trop élevée. La ce sont des lobbi qui payent... Maintenant, aujourd'hui si Macron était censé et intelligent, il emprunterait énormément, placerait notre argent sur des valeurs sur et rendrait cette argent dans quelques années, les intérêts produit et donné par les préteur (car taux négatif) réduirait voir annulerais la dette... Mais bon comme j'ai précisé faudrait que Macron soit... Ce qui n'est malheureusement pas le cas...
a écrit le 12/11/2019 à 12:18 :
on dit "amen a tout' tout le monde qui demande l'aide de l'etat mais plus de la moitie des Francais ne paie pas d'impots on reduit l'imposition des entreprises et l'on fait une partie de cache cache dans le budget sans rembourser la dette. Ce n'est pas la privatitation de fdj avec son petit milliard qui va rembourser la dette de 2100 milliards depuis 40 ans pas un gouvernement n'a eu le courage de taper du poing sur la table et de rembourser la dette toujours une excuse pour ne pas le faire comme d'habitude " on verra plus tard" mais la on ne peut plus et les generations futures non plus.
Réponse de le 12/11/2019 à 13:41 :
"mais la on ne peut plus et les generations futures non plus"

C'est pour cela que si on ne l'annule pas on perdra notre pays comme ce qui est en train de se passer actuellement...

Nos politiciens et leurs patrons n'ont qu'à la rembourser cette dette ! Sinon annulation !

"Gardes emparez vous immédiatement de cet individu !"
Réponse de le 12/11/2019 à 18:12 :
"mais plus de la moitie des Francais ne paie pas d'impots"

Ça te donne une idée de la faiblesse des salaires.
Réponse de le 12/11/2019 à 18:32 :
Ah ah ah ! La bonne blague de l'annulation de la dette. Juste une question
comme ca, si la France annule sa dette, elle va financer comment son déficit l'année suivante ? Qui sera assez fou pour lui préter de l'argent ? ou à quel taux? Annuler la dette n'est possible que pour un état qui tient bien ses finances, ce qui n'est pas le cas de la France.
Réponse de le 13/11/2019 à 9:40 :
@ multipseudos:

"Ah ah ah ! La bonne blague de l'annulation de la dette. Juste une question
comme ca, si la France annule sa dette, elle va financer comment son déficit l'année suivante ?"

Facile elle arrête de laisser ses mégas riches ne pas payer d'impôts.

"C'est amusant cette passion de la gauche pour la dette."

Ah parce que t'as vu Mélenchon proposer l'annulation de la dette toi ?

Et tes deux trollages rentraient dans un seul, depuis le temps que tu viens te coller à moi tu devrais le savoir.

Et si je peux pas et-c...
a écrit le 12/11/2019 à 9:00 :
Plus on subit dep olitiques néolibérales plus on a de déficit c'est logique, avant le vol d'argent public était du fait de politiciens malins par dizaine de millions dorénavant il est inscrit dans la constitution européenne et se compte par dizaine de milliards que les politiciens financiers récupèrent sur les pauvres et moins pauvres ne faisant qu'amputer à chaque fois un peu plus la croissance.

Jamais nous n'avons eu des gens au pouvoir hurler autant qu'ils étaient des experts, jamais nous n'avons eu aussi piètre gestionnaires. Que c'est pénible d'avoir sans arrêt raison je vous le garantie...

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