Accélérer la mondialisation pour répondre à la crise
Laurence Daziano
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La crise sanitaire du Covid-19, partie de Wuhan fin 2019, s'est transformée en pandémie mondiale à l'origine de la crise économique et sociale la plus importante depuis un siècle. En deux mois, près de 33 millions d'Américains se sont inscrits au chômage. Les secteurs du transport aérien, du tourisme et de l'automobile ont été mis à l'arrêt total. Les dettes publiques explosent sous l'effet de la substitution des États au secteur privé, le temps du confinement. Les prix du pétrole se sont effondrés allant même jusqu'à être, l'espace de quelques heures, négatifs pour le baril texan !
La réponse économique à la crise a bénéficié des leçons de la crise financière de 2008. Les États et les banques centrales ont répondu rapidement et massivement pour financer l'économie et concevoir des plans de relance. Plus de 7.000 milliards de dollars de dépenses budgétaires, de prêts et de garanties ont été mobilisés.
Les économistes tentent d'établir des comparaisons avec les crises économiques et sanitaires récentes. Mais par sa violence et l'ampleur mondial du confinement qui touche près de la moitié de l'humanité, la crise actuelle est unique et sans précédent. Rapidement, le procès de la mondialisation a été lancé : les délocalisations en Chine, la rapidité de la diffusion du virus en raison de l'accroissement du transport aérien et l'interdépendance globale ont aggravé la crise. Le Covid-19 est devenu le meilleur allié des opposants de la mondialisation.
Loin d'être remise en cause, la mondialisation est au contraire la réponse à la crise actuelle. Du point de vue sanitaire, l'efficacité de la lutte contre le Covid-19 dépendra de l'effort de chaque pays pour éviter de nouveaux foyers de contagion. L'établissement d'un vaccin sera d'autant plus rapide que la recherche médicale sera partagée par les grandes entreprises pharmaceutiques. Du point de vue économique, l'efficacité des plans de relance sera d'autant plus forte que la coordination sera élevée entre les États. Les multinationales, globalisées et rompues aux règles de la mondialisation, ont d'ailleurs été les plus agiles et les plus réactives dans la lutte contre la pandémie.
Laurence Daziano