Cessons de mégoter sur les tests de dépistage en France

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(Crédits : Biosynex)
OPINION. Avec 1,1 test pour 100 habitants, la France est très en retard dans le dépistage du coronavirus. Elle teste deux fois moins que les pays européens, en moyenne à 2,1 tests pour 100 habitants. Or les tests, outils de responsabilité individuelle, sont clefs pour le déconfinement et la reprise des activités sociales et économiques. L'expérience montre qu'ils ont aidé à contenir l'épidémie dans des pays d'Asie comme la Corée du Sud ou Taïwan ou en Allemagne. Ils permettent de limiter le recours aux mesures drastiques pour la société et l'économie. Par Nicolas Marques, directeur général de l'Institut économique Molinari.

Le nombre de tests reste en retrait en France, en dépit de dépenses de santé significatives. C'est la conséquence des pratiques malthusiennes franco-françaises. La régulation publique est conçue pour limiter l'offre (numérus clausus, autorisations préalables à la création de capacités d'accueil ou aux investissements, T2A...), dans l'espoir de limiter les dépenses. Elle représente autant de freins, en temps normal comme en période de crise.

Au début de la pandémie, les laboratoires privés n'avaient pas le droit de pratiquer des tests de dépistage, alors qui maillent les territoires et font près de 60 % des examens réalisés chaque année en France. Lorsqu'ils ont été habilités, le 7 mars, les pouvoirs publics l'ont fait en introduisant une discrimination tarifaire, avec un tarif trois fois moindre pour les labos de ville.

Le tarif sécurité sociale pour un test PCR réalisé en laboratoire de ville est de 54 euros. Cet acte est remboursé à 60 % par la Sécurité sociale, la somme restante étant prise en charge par les mutuelles. Dans le même temps, les tests de dépistage réalisés en milieu hospitalier sont facturés à 135 euros dans le cadre de la Tarification à l'activité (T2A). Ce différentiel tarifaire est censé s'expliquer par des différences de structures de coûts. Les 135 euros du public correspondant au Référentiel des actes innovants hors nomenclature (RIHN), avec des manipulations par des techniciens de laboratoires de recherche ou de CHU. Les 54 euros des labos de ville correspondent à des tests automatisés à haut débit. Un tarif bien faible au vu des contraintes liées aux mesures barrières, à la nécessité d'aménager l'activité pour protéger les clients traditionnels et à l'envol du prix des consommables (matériel de protection, écouvillons ...).

tests

Discrimination tarifaire contreproductive

D'un point de vue économique, cette discrimination tarifaire est contreproductive. Il est impossible de développer la capacité de test française sans s'appuyer sur les laboratoires privés, qui sont la clef d'une banalisation des tests. Il faudrait leur envoyer un signal prix fort, au lieu de chercher à faire des économies qui n'en sont pas.

La politique malthusienne française, freinant le déploiement des tests, risque d'être un gouffre pour la société et l'économie française. Limiter le nombre de tests réalisés dans les laboratoires de ville permet d'éviter un envol des dépenses de santé, mais cette « économie » est bien chère payée.

Faute de capacité de tests, nous confinons de façon non sélective, ce qui pénalise la société et l'économie. Au premier trimestre, le PIB a reculé de -5,8 % en France. C'est plus qu'Espagne (-5,2%), qu'en Italie (-4,7%), que dans la zone euro (-3,8%) ou que dans l'Union européenne (-3,5%).

Un manque à gagner mensuel de 72 milliards d'euros

A ce stade, l'INSEE estime que ce confinement non sélectif ralentit l'économie de 35 %, ce qui représente un manque à gagner de 72 milliards d'euros par mois. Même à 135 euros, le dépistage resterait un très bon investissement. Tester toutes les personnes ayant un emploi couterait de l'ordre de 3,7 milliards d'euros, alors que chaque jour de confinement coute de l'ordre de 3 milliards. Economiser sur les tests est donc une aberration économique. Le développement d'une capacité massive de tests devrait, au contraire, être considéré comme un investissement stratégique et une source d'économies.

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a écrit le 03/05/2020 à 23:58 :
A 10 jours du déconfinement, il est évident qu'il n'y aura pas de tests pour tout le monde, selon les témoignages de plusieurs pontes de la médecine sur cnews, bfm et consorts. D'ailleurs, cela aura été le fil rouge de cette crise : "on n'a pas..."
C'est vrai quoi, cessons de mégoter sur les tests de dépistage, qui ne seront pas gratuits de surcroit ! Mdr
A moins que cela soit fait exprès, et rentre dans une stratégie délibérée dont il est délicat de parler.
a écrit le 03/05/2020 à 14:15 :
Kary Mullis, inventeur de la PCR, prix Nobel de chimie 93, a déclaré lui-même qu’il était impossible de trouver un virus dans le sang avec cette technique.
C’est pourtant ce qu’on utilise pour le covid 19... et le VIH (qu’on ne trouve jamais dans le sang des patients...).
Par ailleurs, les autres tests ne sont pas spécifiques au covid 19 car il n’a pas encore été isolé. Ils prennent en compte les coronavirus qui sont présents dans une grande majorité de la population, inscrits dans l’ADN et inoffensifs. Donc vous pouvez être testés positifs mais pas spécifiquement au covid 19.
Vous l’aurez compris, les tests actuels ne servent strictement à rien.
Réponse de le 03/05/2020 à 15:23 :
Les tests inefficaces sont les prélèvements nasaux et buccales , car le virus se déplace ,
Ensuite ce que vous dites est bizarre ;
Car je connais des personnes qui ont eu des tests à l’hôpital et ils ont eu leur résultat et leur traitement pour le Covid 19
Ensuite les sénateurs ont subi ce test de recherche , ainsi que certains DG du cac 40, si c’était inefficaces, ces tests ne seraient pas fait à ces personnes , non ?
a écrit le 03/05/2020 à 13:16 :
j'ai le vague sentiment que l'opération - tests Covid - va se révéler aussi efficace que celle relative à la fourniture de masques .le ministre Veran répète à l'envi que l'Etat a commandé deux milliards de masques FFP1/2 ,et que seront réalisés 700 000 tests virologiques par semaine . je lui suggère ainsi qu'au directeur de la Santé Salomon de donner dans leur point journalier sur la situation sanitaire Covid l'état d'avancement des livraisons des masques commandés ainsi que celui des tests virologiques réalisés depuis le début avril . cela permettra de rassurer la population et les soignants sur la tenue des engagements du ministère de la Santé .
a écrit le 03/05/2020 à 8:42 :
Vu les actualités d’aujourd’hui, la has n’a pas l’intention d’ouvrir « les tests sérologiques «  librement pour que chacun puisse trouver la voie de sa guérison et ses responsabilités face à cette pandémie ( un sens rationnel dans ce confinement)pour la population française uniquement pour les soignants , les ehpad ( après qu’ils ont été décimés ) les prisons et les casernes ...

Je demande solennellement :
La démission de M Salomon , de la tous la HAS , et je demande que la fédération des Medecin de France prennent plus de pouvoir , pour rajouter de la cohérence «  face à cette pandémie «  qui a tue plus que n’importe qu’elle pathologie.
Pourquoi le sénat a t il bénéficier de test alors
Pourquoi la vie des populations n’est considérés comme «  rien du tout «  face aux décisions qui sont prises en France
Tout ça est «  scandaleux « 
Comment peut on porter plainte pour homicide involontaire contre ces gens ?
a écrit le 02/05/2020 à 17:51 :
Les tests ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Il faut regarder les résultats de la lutte contre le coronavirus en Europe. Nous étions dans l'illusion d'un pays à l'avant-garde de la médecine. Mais il faut être lucide c'était il y a quarante ans en 1980. Nous dépensons autant que les autres en Europe pour la santé, et nous n'avons ni masques ni tests, ni génie.C'est la déroute, la Bérézina ou la débandade.Des facettes différentes d'un même mal mais un autre mal que le coronavirus.
Réponse de le 03/05/2020 à 13:03 :
Cette crise a bien montré dans quels pays le système de santé fonctionne et dans lesquels il ne fonctionne pas.
La France a clairement démonté son incapacité de gérer une telle situation. Heureusement la crise n'a touché qu'une petite partie du pays et que les pays voisins ont aidé la France.
Réponse de le 03/05/2020 à 15:24 :
27000 personnes ? C’est une petite partie de la France ?
a écrit le 02/05/2020 à 14:57 :
Il faudrait vendre les tests( ceux de biotech - Bretagne )au supermarché ou faire comme à Dubai, mettre des distributeurs automatiques de tests( arrêtez de vous prendre la tête , la vie est plutôt courte )
Puisque la nouvelle norme des terriens
...............Bienvenue à coronaland............
Vous verrez nous sommes qu’au début de ce changement autoritaire et surveillé pour le «  bien des protégés du nouvel ordre « 
Sans attestation de non contamination, vous n’aurez même pas de proposition d’emploi ...

La bêtise est de l’autre côté à mon sens , pas du côté des populations qui sont
encore sous le «  choc »
a écrit le 02/05/2020 à 11:14 :
C'est idiot cela ne sert à rien de tester tout le monde puisque vous pouvez lundi etre testé négatif et re-testé vendredi positif, ou alors il faut tester régulièrement un nombre de fois incroyable tout le monde. Il me semble plus judicieux de tester les symptomatiques qui dèja ne sont pas tous positifs
a écrit le 02/05/2020 à 10:25 :
La france est un pays en guère. Guère de masques, guère de tests, guère de respirateurs, guère de lits de réa. Pépére et Juju, nos chefs de guère se préoccupaient surtout que les gays rient et pas que nous ne tombions pas malade.
Naguère on jugeait les criminels et profiteurs de guère, mais ça c'était dans l'ancien monde
a écrit le 02/05/2020 à 10:15 :
J'espère que tout le monde a compris qu'il s'agissait d'une stratégie politique parfaitement assumée, pouvant se résumer ainsi : 1) dans notre monde ultralibéral cupide et sans conscience, les stocks coûtent chers, donc on les supprime, 2) mince ! comment on va faire , on n'a pas assez de tests et de masques, et plus personne n'en fabrique chez nous ? 3) bah on va gérer la pénurie en leur racontant des bobards, plus c'est énorme et plus ça passe ! 4) si en plus, on peut se débarrasser de tous ces poids morts financiers qui nous coûtent un pognon de dingue (les vieux, les chroniques, les pauvres), notamment en retraites, c'est tout benef.
Réponse de le 02/05/2020 à 11:26 :
"si en plus, on peut se débarrasser de tous ces poids morts financiers qui nous coûtent un pognon de dingue (les vieux, les chroniques, les pauvres), notamment en retraites, c'est tout bénef."
arrêter l'économie pour préserver les vieux, les chroniques, les pauvres, c'est une façade ? Bon les pauvres vont être encore plus pauvres faute de revenus déjà si faibles, les vieux devenir encore plus vieux car pas décédés, les chronique le rester. Dé-confinons viiite ! (A) bas les masques. :-)
Réponse de le 02/05/2020 à 18:20 :
Par débarrasser, je voulais dire mourir. Je n'ai peut-être pas été assez clair. Dans l'esprit de nos dirigeants, il ne faut pas garder ces catégories , sources de coûts, puisqu'elles ne rapportent rien.
C'est pas nouveau, on a déjà pratiqué à l'été 2003, dans un autre contexte.

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