OPINION. « La France a gagné la bataille de l'attractivité, celle de la confiance commence maintenant »

Jean-Roch Varon
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Jean-Roch Varon
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Par Jean-Roch Varon, président de EY France (*)
Dans une France qui n’a pas toujours conscience de ses forces, sachons reconnaître un succès quand nous en voyons un. La dernière édition du sommet Choose France, qui s'est tenue le 1er juin à Versailles, est incontestablement une réussite. Un montant record de 93 milliards d'euros d'investissements étrangers et environ 15 000 nouveaux emplois ont été annoncés par Emmanuel Macron.
Ce tour de force vient confirmer les enseignements de la dernière édition du Baromètre EY de l'attractivité de la France. Oui, notre pays est attractif : pour la septième année consécutive, la France est le premier destinataire des investissements directs étrangers (IDE) en Europe. Avec 852 projets d'investissements en 2025, l'Hexagone devance ainsi le Royaume-Uni et l'Allemagne. Une performance qui ne doit rien au hasard.
Si notre pays séduit les investisseurs, c'est qu'il peut compter sur de nombreux atouts. A commencer par une énergie décarbonée compétitive, citée par le directeur général de SoftBank, Masayoshi Son, comme un élément déterminant dans son choix d'investir chez nous 75 milliards d'euros dans l'intelligence artificielle (IA). Sans oublier nos infrastructures de premier plan, un vivier de talents d'exception et une capacité d'innovation qui nous placent en tête sur les secteurs d'avenir : IA, défense, industrie verte...
Se maintenir à la place de leader européen pendant sept années consécutives est, nécessairement, le résultat de multiples politiques publiques. Nous avons toutes les raisons de nous réjouir de ces performances. D'en être fiers, collectivement. Pour autant, cette fierté ne doit pas nous aveugler : des décisions fortes nous attendent.
La réalité est qu'en France le nombre de projets d'investissements a reculé de -17% sur un an, soit davantage qu'au Royaume-Uni (-14 %) et qu'en Allemagne (-10 %). Les investisseurs n'ont pas disparu ; mais ils observent, ils hésitent, ils patientent. Ne nous y trompons pas : dans un monde aussi volatil que le nôtre, l'attente pourrait être une forme d’arbitrage. Un non-choix qui a déjà des conséquences et en aura encore davantage demain : sur l’emploi, sur la croissance, sur nos finances publiques, mais aussi sur notre capacité à préserver notre souveraineté dans les secteurs stratégiques.
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Pourquoi les investisseurs demeurent-ils dans l'expectative ? Parce que ce qu'ils voient les inquiète, fort légitimement : instabilité fiscale, surcharge réglementaire, incertitude politique... Cette situation alimente l'attentisme des acteurs économiques, qui peinent à se projeter dans un environnement dont ils jugent les perspectives insuffisamment lisibles. Or nous n'avons pas le luxe du temps, ni de l'incertitude.
Comme le démontre son maintien en haut du Baromètre EY sur l'attractivité, la France a prouvé qu'elle savait tenir ses engagements sur le long terme. Reste aujourd'hui à transformer l'essai, en offrant ce que les investisseurs attendent vraiment : de la cohérence, de la continuité, de la lisibilité. Il nous appartient de transformer cette performance, ce bilan, en conviction partagée. La France a d'ores et déjà gagné la bataille de l'attractivité. Celle de la confiance commence dès aujourd'hui.
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(*) Jean-Roch Varon est président d’EY France. Auparavant, il était responsable de l'activité Audit, Conseil comptable et financier, Durabilité et Forensic pour la France et la région Europe de l’Ouest, regroupant 25 pays et plus de 30 000 collaborateurs. Jean-Roch a participé activement aux réflexions stratégiques internationales sur l’évolution du rôle de l’auditeur, aux évolutions technologiques présentes et à venir (innovation technologique, automatisation des processus, analyses de données et demain algorithme et intelligence artificielle) et aux évolutions réglementaires devant favoriser un meilleur cadre de contrôle des risques en lien avec les différentes parties prenantes d’EY. Jean-Roch Varon s’est également distingué par le développement de la diversité de nos équipes, dans toutes ses composantes, pour une gestion dynamique et inclusive des carrières. En particulier, membre du réseau Elles & You depuis sa création - le réseau féminin d’EY France en faveur de la mixité créé en 2016 - Jean-Roch Varon a sans cesse œuvré pour favoriser le développement des talents féminins au sein du cabinet en étant sponsor de nombreuses initiatives dédiées dans l’accompagnement des carrières. Jean-Roch est expert-comptable et commissaire aux comptes. Il est associé depuis 2004, ayant assuré différentes responsabilités dans l’équipe de management d’EY France depuis 2008. Il était depuis 2016 membre du comité de direction.