COVID-19 : l'utilité des laboratoires pour la société, le grand rappel de la crise sanitaire
Henriette Draebye Rosenquist (*)

Photo d'illustration
DR
Henriette Draebye Rosenquist (*)

Photo d'illustration
DR
... ait venir imposer ses nouveaux codes de conduite pour une vision de l'industrie pharmaceutique davantage coopérative et tournée vers ses parties prenantes. Par Henriette Draebye Rosenquist, Présidente de Pfizer France (*)
La fulgurance de la crise sanitaire a mis en exergue ce que les industriels de santé ont d'essentiel pour le fonctionnement de nos hôpitaux, de notre médecine de ville, de notre R&D médicale : médicaments courants, équipements médicaux ordinaires, MedTechs de pointe, mais aussi innovations thérapeutiques de pointe mobilisées dans la recherche clinique accélérée contre le SARS-CoV-2.
La France a pris conscience que posséder des forces industrielles pharmaceutiques solides constituait un actif stratégique indispensable à la vie d'une Nation, en particulier face à une pandémie émergente totalement inconnue. La coopération entre les autorités publiques et l'industrie du médicament a permis des prouesses inouïes : en quelques semaines, le séquençage génétique du virus était réalisé et des tests sérologiques conçus ; en quelques mois, la recherche clinique a pu mobiliser des cohortes inédites de patients pour des essais internationaux.
La France a réalisé que les investissements dans les industries du médicament coûtaient moins cher que la maladie. La crise du Covid-19 nous rappelle en cela que l'essence même d'une entreprise de santé réside dans la médecine et dans la science. À l'instar de nombreux parlementaires et élus locaux qui ont renfilé leurs blouses de soignants pour aller au front dans les hôpitaux, de nombreux collaborateurs des entreprises de santé ont renoué avec leur formation initiale et leur vocation, en rejoignant les rangs des services hospitaliers Covid+.
Dès mars 2020, la Coalition « Innovation Santé - Crise sanitaire » a rassemblé les structures de soins, les industriels du médicament, les MedTechs et les associations de patients dans une coopération décloisonnée et pragmatique, pour développer des solutions innovantes dans le domaine de la santé, afin de soutenir le système de soins soumis à de fortes tensions et permettre la continuité des soins, notamment pour les patients atteints de maladies chroniques (diabète, maladies cardio-vasculaires).
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Les administrations centrales et les autorités de régulation de la santé ont simplifié de manière remarquable les lourdeurs bureaucratiques et les rigueurs budgétaires pesant sur les capacités d'innovations thérapeutiques du monde hospitalier comme des industriels de santé : des essais cliniques de grande envergure ont par exemple été mis en place en quelques semaines sur des innovations thérapeutiques, preuve qu'un pragmatisme au service du progrès de la médecine est non seulement possible, mais aussi bénéfique.
Cette réconciliation entre Big Pharma et la société française ne sera pérenne que si l'industrie du médicament fait aussi durablement la preuve de son utilité publique et s'engage à aller encore plus loin, en démontrant les impacts positifs de ses innovations thérapeutiques sur la société française.
À lire également
Dans la lignée de la loi PACTE, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, réaffirmait en avril dernier l'importance cruciale de l'affirmation et de la concrétisation par les entreprises de leur « raison d'être Ce chantier est devant nous, industriels du médicament : démontrer et objectiver notre valeur pour la société au-delà de notre empreinte économique sur le sol français. Alors, la réconciliation morale avec la société française pendant la crise du Covid ne restera pas une parenthèse, mais pourra peut-être enfin incarner le modèle de coopération et de confiance auquel nous aspirons.
--
(*) Par Henriette Draebye Rosenquist, Présidente de Pfizer France.
Henriette Draebye Rosenquist (*)
OPINION. « Le bio-manufacturing, prochain tournant stratégique : la France peut-elle se permettre d’attendre »
« Recyclage et réemploi : des enjeux de souveraineté industrielle et écologique »
OPINION. « Asie centrale : la nouvelle frontière économique que la France ne peut plus ignorer »
OPINION. « Les constructeurs automobiles chinois innovent-ils dans l’automobile ? »