La santé en chantier : l’Europe du médicament manque de vitamines

 |  | 1651 mots
(Crédits : Pixabay)
SÉRIE D'ÉTÉ - ÉPISODE 3/5. Une stratégie européenne de gestion du Médicaments serait bien plus efficace pour faire face à une nouvelle pandémie. Mais certains États membres font des stocks injustifiés alors que d'autres pratiquent le dumping pour attirer les investissements des laboratoires... La crise sanitaire a montré que les citoyens européens sont encore bien loin d'une Europe de la Santé et du Médicament.

Trois mois de pandémie nous l'ont douloureusement rappelé : les États membres de l'Union européenne sont incapables de soigner leurs citoyens en toute autonomie. Pour remplir leurs pharmacies, ils dépendent de 60 à 80% des importations de médicaments ou de principes actifs pour fabriquer les traitements ! Si, entre temps, une molécule vraiment efficace contre le nouveau virus avait été décourverte, les Européens auraient vraiment eu du mal à être les premiers servis...

C'est un fait, au début de la crise sanitaire nous avons surtout manqué de masques et de lits de réanimation. Mais nous avons aussi connu des tensions sur les traitements qui semblaient prometteurs contre le COVID-19, ainsi que sur les médicaments nécessaires aux services de réanimation (comme le curare). Ce manque d'indépendance en matière de production pharmaceutique pose une question sensible : comment améliorer notre accès aux médicaments en Europe ?

En France, lors des précédents épisodes de rupture d'approvisionnement de certains médicaments en pharmacie, les laboratoires plaidaient déjà pour élargir leur gestion à l'échelle européenne. Une position confirmée par Philippe Lamoureux, président-directeur général du syndicat des industries pharmaceutiques, le Leem.

« La crise l'a montré, toute l'Europe s'est installée dans une forme de dépendance en termes de matières premières et d'accès aux médicaments innovants. Aucun pays européen ne possède la surface nécessaire pour être auto suffisant. Si nous voulons améliorer notre autonomie stratégique pour l'approvisionnement et la production, nous ne pourrons l'envisager qu'à l'échelle du continent. Car nous partons de loin. Rien que pour les stocks de précaution communs prévus, pourquoi ne pas conserver les médicaments en vrac et les conditionner ensuite dans une langue ou une autre, suivant les besoins réels des pays ? »

Pour les importations de produits sous tension, nos 27 petits marchés européens auraient plus de chance de faire le poids face aux...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 16/08/2020 à 15:29 :
La santé a toujours été gérée par chaque état, ça va peut-être avoir provoqué un électro-choc, ou faire pschiiit (facilité, discours mais pas d'action, trop compliqué, etc etc).
L'Allemagne est-elle candidate à fournir toute molécule à l'UE ? Elle voit souvent ses emplois avant tout, les contrats UE c'est souvent avec une grosse part pour l'Allemagne (logique !). L'insuline que Mme May utilise, elle vient du Danemark, on produit des choses en UE mais souvent quand c'est (très) sophistiqué et demande des compétences élevées (localement ça évite également les délais quand il faut faire faire ailleurs, contrôler la production évite de contrôler les produits livrés pour parfois les refuser, pas conformes, à recommencer, pénurie en vue s'il y a un seul site de production).
Dans les médicaments y a la substance active et l'excipient, ensemble de substances qui enrobent, englobent, contiennent la molécule active, on peut donc fabriquer le produit final mis en boite ou flacon à partir d'ingrédients extérieurs ou pas. Je ne sais pas si ça a changé, une fois le brevet terminé les molécules actives sont copiables (= générique) mais pas les excipients, d'où parfois des remarques sur l'efficacité des génériques, chacun, sauf l'industriel d'origine qui peut également continuer à produire mais génériqué, doit s'adapter et faire son excipient "personnel". Ça devait changer. Quand une molécule à 30 génériques, comment savoir le nom du labo d'origine et le trouver en pharmacie (nul ne stockera 30 variétés de la même chose, il faut choisir).
a écrit le 14/08/2020 à 19:27 :
L Europe du médicament.... elle est bien bonne celle-là !
a écrit le 13/08/2020 à 11:39 :
Il n'y a pas que le médicament, l'Europe souffre tout simplement de simplisme intellectuel : le libéralisme, c'est chouette même si ce courant de pensée économique ruine à terme les États et populations au profit de quelques un. L'Europe a été incapable, et reste incapable (et en souffre), de ne pas avoir de vision économique stratégique qui assurerait son bon fonctionnement, quand bien même des catastrophes naturelles ou militaires surviendraient. Nous pouvons le constater au quotidien : les entreprises sont devenues plus puissantes que les nations car très mobiles et sans état d'âme, donc les politiques leur mangent dans la main. Et ces derniers sont incapables de sanctionner de manière dissuasive ces multinationales au travers d'un système judiciaire qui fonctionne à plusieurs vitesses (selon que vous êtes lambda ou non, selon l'importance des amendes : quelques millions quand aux US elles se chiffreraient à plusieurs centaines de millions - voir condamnation récente de Apple).
a écrit le 13/08/2020 à 11:22 :
Il faut faire un Airbus du médicament. C'est par ces initiatives que l'Europe va se construire.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :