Economie de proximité : le département restera un acteur clé

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(Crédits : Farid Makhlouf)
N'en déplaise au gouvernement, et même si la loi NOTRe prévoit le contraire, le département continuera de jouer un rôle majeur dans le domaine économique. Par Bruno Belin, président Les Républicains du département de la Vienne

La loi NOTRe a bien tenté de destituer en totalité les Départements de leur action économique mais cette déstabilisation technocratique ne pourra être effective dans une réalité partagée entre immédiateté et proximité : l'économie locale a besoin de la Région pour rayonner et du Département pour exister.
Acteur direct et journalier auprès des entreprises via des mécanismes liés à l'immobilier, à la création et à la reprise de sociétés, le Département perdra demain cette compétence : Quels moyens seront alors déployés pour poursuivre ces engagements ? Quelle garantie ? Quelle pérennité ? D'autant plus qu'il ne s'agit pas en l'état d'un véritable transfert mais plutôt d'un délaissement progressif au profit d'un échelon territorial démesuré pour répondre à ces enjeux locaux.

Le cap incertain de la réforme gouvernementale

Dernier rempart du lien social économique, le Département pourra néanmoins œuvrer, sans le nommer in extenso, pour le développement économique local. Stupidité sémantique ou volonté échouée d'asphyxie des institutions départementales, l'histoire ne manque pourtant pas d'exemples de réussites contre disant ce cap incertain et brumeux de la réforme gouvernementale.
Car serait une courte vision celle qui consisterait à mépriser ou à contourner les circuits existants depuis plusieurs dizaines d'années, générateurs d'activité et d'emploi. La Vienne est en cela un exemple parfait. Terre agricole il y a plus de trente ans, il a fallu l'ancrage et le courage d'un visionnaire comme René Monory pour transformer quelques champs en parc d'attraction et propulser ainsi un terroir agricole en territoire attractif, sans perdre ni âme ni philosophie, façonnant chaque jour un peu plus le destin d'un département qui croit en ses chances, qui ose au quotidien. Emboitèrent le pas au Futuroscope d'autres établissements à vocation touristique et notamment le dernier né nommé Center Parcs.
Le Département gère le tourisme, qui génère à son tour de l'économie : c'est un investissement constant et primordial pour l'économie de proximité.  Contredire ce fait serait un évident déni.

L'outil utile des sociétés d'économie mixtes

L'outil des sociétés d'économies mixtes (SEM) nous a d'ailleurs permis de réaliser ces grands projets et nous devrons le préserver, car il est la richesse du département, le fruit de son investissement, l'intérêt de son audace.
Déployer la fibre et permettre le raccordement des foyers et des entreprises au numérique est un enjeu taillé sur mesure pour les années à venir. De nombreux Départements se sont déjà lancés dans ce chantier devenu incontournable tant pour répondre aux nécessités de notre siècle que d'assurer un seuil d'attractivité minimum pour nos territoires. La ruralité connectée, il faut la prôner, il faut la défendre, il faut la transformer en réalité.

Ne pas oublier le numérique

L'économie passe par le numérique, ne pas s'y pencher serait une faute politique aux conséquences désastreuses pour les territoires enclavés.
D'autre part, via son action en termes d'aménagement du territoire et de voiries, le Département soutient de facto le secteur du BTP. En grande difficulté depuis plusieurs années, ce secteur d'activité est générateur de nombreux emplois. L'engagement de poursuivre une vraie politique d'investissement constitue donc un devoir pour notre institution.

Tourisme, SEM, numérique, aménagement du territoire et route... Qui a dit que le Département ne serait plus un acteur clé du développement économique local ?
Un équilibre sera aussi à trouver rapidement entre des dépenses de fonctionnement alourdies par la charge de notre système social, accrues dans un contexte de gestion de crise sociale, les baisses de dotations et les restes à charge grandissant. Transformer le social en économie deviendra un enjeu pour les Départements, qui loin de perdre le développement économique local, le renforceront demain. »

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Commentaires
a écrit le 08/10/2015 à 15:01 :
M Belin a certainement raison et ne fait pas que défendre son "bout de gras" N'en déplaise à notre gouvernement et à l'Europe la majorité des citoyens ne s'identifient pas en tant qu'européen et "normand" mais en tant que français et de l'Orne par exemple. Le mode d'élection au scrutin de liste fait que les citoyens ne connaissent pas leurs élus européens ou régionaux (et les nouvelle régions artificielles ne vont faire qu'éloigner les élus de leurs électeurs). par contre ils connaissent leur député et leur conseiller départementaux (même si la dernière réforme des départementales a beaucoup changé la donne) Les départements sont en charge également de ce qui touche le quotidien des citoyens: routes départementales APA RSA alors que les régions gèrent des compétences qui pour certaines sont plus éloignées des préoccupations quotidiennes immédiates des citoyens

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